Admiratrice de longue date de Donald Trump et de Vladimir Poutine, Marine Le Pen est aujourd’hui contrainte de nuancer ses propos sur les deux présidents pour prétendre à une “respectabilité républicaine”. Un aspect aussi crucial que délicat de la dédiabolisation de son parti en vue de la présidentielle de 2027, analyse le journal autrichien “Der Standard”.
C’est le pire scénario possible pour les progressistes européens : Poutine à l’Est, Trump à l’Ouest, et Marine Le Pen à l’intérieur. Si la dirigeante du Rassemblement national (RN) entrait à l’Élysée en 2027, la France changerait de camp et l’Union européenne telle qu’on la connaît cesserait d’exister.
Jusqu’à présent, Le Pen avait en effet de bonnes chances de parvenir à ses fins – même si elle doit encore se débarrasser d’une affaire de détournement de fonds dont le jugement sera prononcé [le 31] mars. Le vent qui souffle actuellement en provenance de Moscou, Washington, Rome ou Berlin lui est très favorable. À Paris, les commentateurs s’interrogent : si les Américains ont voté pour un homme comme Trump, qui trouvera quelque chose à redire à Le Pen en France ?
Et pourtant, à 56 ans, la patronne de l’extrême droite française se retrouve dans une position politique inconfortable. Avant l’annexion de la Crimée, en 2014, et l’invasion russe de l’Ukraine, en 2022, elle ne cachait pas son admiration pour le président russe, Vladimir Poutine. En lieu et place de l’Otan, elle défendait même avec aplomb une “entente russo-européenne”.
Même chose après la victoire de Trump en 2016, qu’elle avait fêtée en faisant le déplacement à la Trump Tower à New York. Et le fait que le président fraîchement élu n’ait pas eu le temps à l’époque de la recevoir n’avait en rien douché l’enthousiasme de la dirigeante d’extrême droite.
Présenter un visage solennel, respectable et républicain
Aujourd’hui pourtant, le nom de Trump (...) La suite est réservée aux abonnés…