Lors d’un accord secret avec Washington en 1974, l’Arabie saoudite a accepté de vendre son pétrole en dollars, en échange de la protection militaire américaine. Le blocage du détroit d’Ormuz, et l’importance de la Chine comme acheteur, fragilise cet accord.
Après avoir affaibli l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, insulté ses meilleurs alliés et créé un début de choc pétrolier, Donald Trump est-il aussi en train de mettre à mal l’un des piliers de la domination mondiale du dollar ? Les attaques américano-israéliennes sur l’Iran, qui ont provoqué la fermeture du détroit d’Ormuz, soulèvent, au Moyen-Orient, de sérieuses questions sur un mécanisme central qui fait du billet vert la monnaie de réserve mondiale, dominant le système économique international : les pétrodollars. « Le conflit en Iran (…) pourrait tester les fondements de [ce] régime », estime dans une note Mallika Sachdeva, analyste à Deutsche Bank.
Le fonctionnement des pétrodollars date d’un accord du 8 juin 1974. Le premier choc pétrolier vient alors d’avoir lieu, quadruplant le prix du baril. Sous la houlette de Henry Kissinger (1923-2023), le secrétaire d’Etat américain, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite opèrent un rapprochement qui va faire date. Riyad s’engage à libeller son pétrole en dollars et, surtout, à réinvestir aux Etats-Unis une large partie de l’immense manne qui déferle sur le pays, notamment en achetant les bons du Trésor américain. En échange, Washington assure la protection militaire de l’Arabie saoudite et lui procure des armes.
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