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Enjeux Internationaux 3 min de lecture

Le Québec collabore avec la France pour tourner le dos à Teams et à WhatsApp

Source: Radio Canada
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, est en visite en France jusqu'au 20 mai. (Photo d'archives)  Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, est en visite en France jusqu'au 20 mai. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le gouvernement français a développé sa propre plateforme de communication pour les fonctionnaires.

La visite en France de la première ministre québécoise est l'occasion de renforcer la collaboration des deux gouvernements en matière de souveraineté numérique. Le Québec aimerait s'inspirer des Français pour offrir aux fonctionnaires des outils de messagerie et de visioconférence qui ne sont pas des applications américaines, comme Teams ou WhatsApp.

Lundi, Christine Fréchette doit s'entretenir avec le président français, Emmanuel Macron . Elle prévoit aussi rencontrer le premier ministre du pays, Sébastien Lecornu. Selon nos informations, il sera notamment question d'intelligence artificielle et de son intégration à l'État.

Une source indique que l'un des objectifs est de voir les possibilités de collaboration et de partage d’expertise.

Déjà, le ministère de la Cybersécurité et du Numérique du Québec a amorcé le travail avec la direction interministérielle du numérique de la France.

Le 30 mars, les deux entités ont signé une déclaration d'intention avec la volonté de renforcer la souveraineté numérique, la mutualisation des solutions numériques et le progrès économique.

L'idée est de s'affranchir des GAFAM [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft], indique une autre source bien au fait de ces démarches pour mieux protéger les données des citoyens.

Concrètement, l'entente prévoit de favoriser des initiatives conjointes et le partage d'expertises, notamment pour l’environnement numérique de travail, les outils collaboratifs souverains utilisés par le personnel de l’État dans les tâches quotidiennes, incluant la messagerie instantanée, et la visioconférence.

Une personne participe à un appel vidéo sur son ordinateur portable.
Au Québec, les fonctionnaires utilisent les visioconférences et la messagerie Teams de la multinationale américaine Microsoft.  Photo : Getty Images / Rawpixel

En France et en Belgique : les applications américaines interdites aux fonctionnaires

En France, l'État a développé Tchap, la messagerie instantanée du secteur public, utilisée par plus de 600 000 employés de l'administration publique pour communiquer en sécurité.

Depuis septembre 2025, tous les fonctionnaires doivent abandonner les applications comme WhatsApp, Teams ou Telegram au profit de Tchap.

Dans les derniers mois, la Belgique a déployé Beam, une nouvelle application de messagerie sécurisée destinée aux fonctionnaires et aux militaires.

Les employés de l'État et de l'armée ne pourront plus utiliser les services des messageries électroniques commerciales pour leurs communications professionnelles.

Dans les deux cas, l'idée est d'éviter l'espionnage et les plateformes américaines soumises au Cloud Act, une loi qui permet à Washington de contraindre des entreprises américaines à remettre les données qu'elles détiennent, même si elles sont hébergées hors des États-Unis.

D'autres collaborations possibles

Selon nos informations, le Québec et la France ont aussi amorcé un travail commun concernant l’interopérabilité des systèmes d’identification numérique du citoyen québécois et français.

L'entente prévoit aussi que les deux gouvernements coopèrent sur le déploiement de l’intelligence artificielle générative au sein de l’État, ainsi que sur l'infonuagique et les outils de développement de logiciels afin de garantir l’autonomie stratégique de l'État.

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