Iran 5 min de lecture

L’Iran et les États-Unis sont prêts à négocier, mais aussi prêts à faire la guerre

Source: Radio Canada
Des manifestants en faveur du pouvoir iranien se sont réunis à Téhéran pour rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations.  Photo : Reuters / Télévision d'État de la République islamique d'Iran
Des manifestants en faveur du pouvoir iranien se sont réunis à Téhéran pour rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations. Photo : Reuters / Télévision d'État de la République islamique d'Iran

Radio-Canada

Washington et Téhéran ont tous deux ouvert la porte à des négociations, mais se sont aussi dits prêts à se faire la guerre, au moment où des ONG dénoncent le « massacre » des participants à la contestation inédite qui se poursuit en Iran.

L’Iran a appelé. Ils veulent négocier, a déclaré dimanche soir le président américain, Donald Trump, à bord de son avion présidentiel, indiquant même qu’une réunion était en train de s’organiser avec des représentants de la République islamique d’Iran.

Mais nous n'aurons peut-être pas le choix d’intervenir avant, si la répression des manifestants se poursuit, a-t-il aussi dit. L’armée examine la question, et nous étudions plusieurs options très fortes

Le président américain Donald Trump s'adresse aux médias à bord d'Air Force One, alors qu'il se rendait de Floride à la base militaire Joint Base Andrews, dans le Maryland, le 11 janvier 2026.
Le président américain Donald Trump s'adresse aux médias à bord d'Air Force One, le 11 janvier 2026. Photo : Reuters / Nathan Howard

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a quant à lui répondu lundi que la République islamique d'Iran ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparée pour la guerre.

Si des négociations ont lieu, elles devront être équitables et fondées sur le respect mutuel, a-t-il ajouté dans une déclaration.

La contestation qui a débuté le 28 décembre dernier après la chute de la valeur de la monnaie iranienne a pris de l’ampleur, particulièrement dans les derniers jours. Elle s’est transformée en mobilisation inédite depuis trois ans contre la République islamique, constituant l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979.

Des Iraniens se rassemblent tout en bloquant une rue lors d'une manifestation. Un objet est incendié au milieu de la rue tandis qu'un manifestant lance un objet.
Des Iraniens se rassemblent et bloquent une rue lors d'une manifestation à Téhéran, en Iran, le 9 janvier 2026. Photo : Getty Images / Middle East Images / AFP / MAHSA

Terroristes

À Téhéran, lundi, des milliers de manifestants pro-pouvoir ont répondu à l’appel du président Massoud Pezeshkian, envahissait la place de la Révolution et brandissant des drapeaux de la République islamique.

Ils ont notamment prié et rendu hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations, qui se comptent par dizaines, selon les médias officiels iraniens.

Devant eux, le président du Parlement, Mohammad Ghalibaf, a déclaré que l’Iran mène une guerre contre les terroristes.

Masoud Pezeshkian s'exprime devant un micro.
Le président iranien Massoud Pezeshkian (Photo d'archives)  Photo : Associated Press

Il a aussi menacé d’infliger une leçon inoubliable à Donald Trump en cas d’intervention militaire américaine.

Le week-end dernier, le président américain avait de nouveau menacé de frapper l’Iran à des niveaux qu’ils n’ont jamais connus auparavant.

Selon la cofondatrice de l’organisme We are iranian students, Aïda Tavakoli, une attaque américaine serait la pire solutionCela mettrait encore plus en danger la vie des civils qui sont actuellement dans les rues, a-t-elle précisé en entrevue à Première ligne, sur ICI RDI.

Elle a rappelé qu’au moment des frappes américaines sur des sites nucléaires à Téhéran, en juin dernier, la ville s’est vidée de façon très rapide .

Ça mettrait fin immédiatement aux contestations et aux soulèvements qui ont pris une ampleur inédite.

Nous avons besoin d’aide, mais cette aide ne peut être militaire, a renchéri le fils de la Nobel de la paix Nargues Mohammadi, Ali Rahmani, au micro de Tout un matin.

Cette aide doit surtout venir de la condamnation de la République islamique d’Iran, du gel des avoirs [de ses représentants], du fait que le Corps des gardiens de la révolution islamique soit considéré comme une entité terroriste.

Des morts par centaines

L’Internet étant coupé depuis jeudi dans le pays, il est difficile d’obtenir des informations exactes et vérifiables de ce qui se passe sur le terrain.

Quant au nombre de morts parmi les opposants à la République islamique, les organisations non gouvernementales partagent des estimations qui varient grandement. Iran Human Rights parle d’au moins plusieurs centaines, voire plus de 2000 personnes tuées et dénonce un massacre.

Les Moudjahidines du peuple (MEK), une organisation interdite en Iran, ont affirmé que, selon des sources à l’intérieur du pays, plus de 3000 manifestants avaient été tués par les forces de sécurité.

Selon Mme Tavakoli, les rares images et vidéos qui nous parviennent viennent de manifestants qui réussissent à se connecter à des satellites Starlink près des ambassades étrangères. Les images qui ont filtré sont celles d’un bain de sang.

Ali Rahmani a souligné que plusieurs membres de la diaspora iranienne ont d’ailleurs salué la décision de Donald Trump de demander à Elon Musk, propriétaire de Starlink, de garantir un accès à son réseau en Iran.

Sur une vidéo authentifiée dimanche par l’Agence France-Presse, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de la capitale, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.

Des personnes circulent entre des cadavres dans des housses noires qui jonchent le sol.
Cette image tirée des réseaux sociaux et authentifiée par Reuters montre des dizaines de corps étendus dans une rue de Téhéran. Photo : Reuters

Selon M. Rahmani, il n’y a plus de place dans les morgues, et les familles de défunts peuvent venir identifier leurs proches décédés directement dans la rue.

Il y a un massacre qui est en cours, ce sont des crimes contre l’humanité et ils doivent être qualifiés comme tels.

Une citation deAïda Tavakoli, cofondatrice de We are iranian students
Publicité
Mot clé

Publicité
Vous n'avez pas utilisé le site Web, Cliquer ici pour maintenir votre état de connexion. Temps d'attente: 60 Secondes