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Trump n’exclut pas l’envoi de troupes au sol en Iran; six militaires américains tués

Source: Radio Canada
Le président américain Donald Trump s'est exprimé lors d'une cérémonie de remise de la Médaille d'honneur à la Maison-Blanche, lundi.  Photo : Getty Images / Win McNamee
Le président américain Donald Trump s'est exprimé lors d'une cérémonie de remise de la Médaille d'honneur à la Maison-Blanche, lundi. Photo : Getty Images / Win McNamee

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a expliqué le moment de l'intervention américaine par la « menace imminente » de représailles iraniennes à une offensive israélienne devenue inéluctable.

Le président des États-Unis, Donald Trump, n'écarte pas une guerre prolongée contre l'Iran et le déploiement de troupes sur le terrain alors que le conflit s'élargit sur de multiples fronts et que le bilan des soldats américains tués a grimpé à six.

Les États-Unis continueront à attaquer l'Iran aussi longtemps qu'il le faudra pour l'empêcher de constituer une menace, a soutenu le président américain lundi, profitant des premières minutes d'une cérémonie de remise de médailles pour commenter le conflit.

Nous triompherons facilement. Dès le début, nous avions prévu de quatre à cinq semaines, mais nous avons la capacité d'aller bien au-delà. Nous le ferons, a déclaré le président, pourtant défenseur de la politique de l'Amérique d'abord et opposant de longue date aux guerres sous ses prédécesseurs.

Nous sommes déjà nettement en avance sur nos prévisions, mais peu importe le temps que cela prendra, c'est  OK. On fera ce qu'il faudra, a ajouté le président Trump, qui a par la suite parlé de la future salle de bal de la Maison-Blanche et qui n'a pas pris de questions de journalistes.

Le président américain a fait ces commentaires au troisième jour de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, quelques heures avant que le commandement central des États-Unis (CENTCOM) ne révise son bilan à la hausse, parlant désormais de six militaires américains tués.

Au cours des derniers jours, le président américain a publié des déclarations et des vidéos préenregistrées sur sa plateforme Truth Social, en plus de multiplier les entretiens téléphoniques avec des journalistes de divers médias. C'était toutefois la première fois qu'il discutait publiquement du conflit devant les caméras depuis le début de l'opération Fureur épique.

Dans une entrevue accordée plus tôt au New York Post, Donald Trump, qui a engagé les États-Unis dans ces hostilités sans l'aval du Congrès, a, par ailleurs, refusé de fermer la porte au déploiement de militaires sur le terrain.

Je n'ai pas d'appréhension à propos des troupes au sol, comme tous les présidents [américains] qui disent : "Il n'y aura pas de troupes au sol." Moi, je ne dis pas ça. Je dis plutôt : "On n'en aura probablement pas besoin, [ou il y en aura] si c'est nécessaire."

Une citation deDonald Trump, président des États-Unis


Lors d'une conférence de presse en matinée, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé de son côté qu'il n'y avait pas de plan en ce sens, sans préciser clairement si cette position était susceptible de changer.

Pete Hegseth s'adresse aux journalistes.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a refusé d'entrer dans les détails de l'opération lors d'une conférence de presse en matinée. Photo : Getty Images / AFP / Brendan Smialowski

Nous n'allons pas entrer dans les détails de ce que nous ferons ou non, a-t-il laissé tomber, ajoutant que ce serait stupide. Il a cependant déclaré que les États-Unis iraient aussi loin que nécessaire.

Au cours d'un entretien à CNN, Donald Trump a, en outre, laissé entrevoir une escalade.

On leur donne une méchante volée, a-t-il affirmé, cité par le journaliste à qui il a parlé. Je pense que ça se passe très bien. C'est très puissant. Nous avons la meilleure armée dans le monde et nous l'utilisons.

Nous n'avons pas encore commencé à les frapper fort. La grosse vague n'est même pas encore arrivée. La grosse [vague] s'en vient bientôt, a-t-il averti.

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a fait écho à ses propos en fin d'après-midi, avant de faire le point avec le Groupe des huit, composé de hauts responsables du Congrès des deux partis.

Les frappes les plus violentes sont encore à venir, a-t-il dit aux journalistes depuis la colline du Capitole.

Aux côtés de Pete Hegseth, le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine a, par ailleurs, indiqué que les États-Unis allaient renforcer leurs effectifs militaires au Moyen-Orient.

Trump énonce ses objectifs


Au cours de son allocution à la Maison-Blanche, Donald Trump a présenté l'opération israélo-américaine comme la meilleure chance d'éliminer les menaces du régime iranien.

C'était notre dernière meilleure chance de mener des frappes – ce que nous faisons actuellement – et d'éliminer les menaces intolérables que représente ce régime malade et sinistre. Et ils sont effectivement malades et sinistres.

Une citation deDonald Trump, président des États-Unis


Les buts de l'offensive sont clairs, a-t-il affirmé, après des jours d'explications fluctuantes.

Il a énuméré quatre objectifs : détruire les capacités balistiques de l’Irananéantir sa marine, empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et s’assurer que le régime iranien ne peut plus financer et diriger des armées terroristes, une référence aux groupes armés comme le Hamas palestinien, le Hezbollah libanais et les Houthis du Yémen.

Ce week-end, Donald Trump a notamment déclaré que Téhéran était sur le point de pouvoir atteindre les États-Unis avec des missiles balistiques de longue portée, une affirmation contredite par les sources du renseignement américain.

Le locataire de la Maison-Blanche n'avait jamais formellement exposé ses arguments en faveur de la guerre, même lors de son discours sur l'état de l'Union, mardi dernier, au cours duquel le dossier iranien n'a été abordé que brièvement.

Le président américain, qui a appelé à plus d'une reprise les Iraniens à renverser le régime depuis samedi, n'en a, par ailleurs, pas glissé mot cette fois-ci.

Au cours de la conférence de presse du Pentagone, Pete Hegseth a de son côté assuré que les États-Unis n'étaient pas en train de s'engager dans un nouveau bourbier et que l'objectif n'était pas un changement de régime.

Aux médias et à la gauche qui crient "guerres sans fin!", [je vous dis :] arrêtez. Ce n'est pas l'Irak. Ce n'est pas [une guerre] sans fin.

Une citation dePete Hegseth, secrétaire à la Défense

Nous n'avons pas besoin d'envoyer 200 000 personnes et de rester pendant 20 ans. Nous avons prouvé que nous pouvons accomplir des objectifs qui favorisent les intérêts américains sans être idiots pour ça, a-t-il poursuivi.

Depuis des années, Donald Trump s'insurge particulièrement aux guerres américaines dont l'objectif est de faire tomber les régimes en place.


Les États-Unis ont agi de façon préventive, argue Rubio

Marco Rubio, près d'un escalier et devant des microphones, parle.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, s'adresse aux médias avant une réunion d'information sur le conflit en Iran destinée aux hauts dirigeants du Congrès au Capitole, à Washington, le 2 mars 2026. Photo : Reuters / Kylie Cooper

Devant les journalistes, le secrétaire d'État américain a suggéré que les États-Unis avaient agi en fonction des décisions d'Israël. Il a affirmé que les États-Unis avaient mené une offensive préventive en réponse à la menace imminente posée par des représailles iraniennes prévisibles à une attaque israélienne.

Nous avons proactivement agi de façon défensive pour les empêcher de faire des dommages plus importants.

Une citation deMarco Rubio, secrétaire d'État

Il était parfaitement clair que, si l’Iran était attaqué – par les États-Unis, Israël ou quiconque –, il riposterait, riposterait contre les États-Unis. Nous subirions des pertes plus lourdes, et il y aurait peut-être plus de morts encore, a-t-il soutenu.

Le président a donc pris la décision très avisée de frapper en premier. Nous savions qu’une action israélienne était imminente, qu’elle provoquerait une attaque contre nos forces, et que, si nous ne les devancions pas avant qu’ils ne lancent leurs frappes, les conséquences seraient bien pires, a-t-il déclaré.

La riposte iranienne en est la preuve, a-t-il soutenu.

À l'issue de leur séance de breffage avec le chef de la diplomatie américaine, les dirigeants des deux partis ont, sans surprise, réagi de façon diamétralement opposée.

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, un républicain, a répété les arguments mis de l'avant par l'administration Trump, tandis que le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, s'est montré insatisfait d'une rencontre qui a soulevé plus de questions qu'elle n'a offert de réponses.

Le représentant démocrate Joaquin Castro est, par ailleurs, montré au créneau, reprochant à Israël d'avoir mis les forces américaines en danger en insistant pour attaquer l'IranC'est inacceptable de la part du président et c'est inacceptable de la part d'un pays qui se dit notre allié, a-t-il écrit sur le réseau social X.

Les deux Chambres du Congrès, auquel revient le pouvoir constitutionnel de déclarer la guerre, doivent se pencher cette semaine sur des résolutions bipartites qui limiteraient l’attaque militaire du président Trump contre l’Iran.

La grande majorité des républicains soutiennent cependant l'offensive militaire lancée par leur chef de file.

Six morts du côté américain

Le CENTCOM a révisé à la hausse son bilan des militaires tués dans l'opération Fureur épique.

Les forces américaines ont récemment récupéré les restes de deux militaires portés disparus dans une installation qui avait été touchée lors des premières attaques iraniennes dans la région, a indiqué le CENTCOM dans un communiqué. Cela porte à six le nombre de militaires américains tués depuis le début de l'opération, samedi.

Plus tôt dans la journée, il avait fait d'état d'une quatrième victime, précisant que celle-ci avait succombé à ses blessures.

Le CENTCOM a, par ailleurs, spécifié que les trois premiers militaires américains dont la mort a été annoncée dimanche ont vraisemblablement [été] victimes de tirs amis de la défense aérienne du Koweït.

Ce week-end, le président américain a averti que le bilan serait appelé à augmenter. Malheureusement, il va probablement y en avoir plus, a-t-il dit dimanche après avoir vanté les trois premières victimes américaines.

Les frappes ont, en outre, tué le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, âgé de presque 87 ans, plusieurs membres de sa famille ainsi que d'autres figures du régime.

Dans une courte entrevue accordée dimanche au New York Times, Donald Trump avait soutenu disposer de trois très bons choix pour diriger l'Iran.

Des personnes observent les dégâts causés aux magasins et aux habitations détruits.
Des personnes observent les dégâts causés aux magasins et aux habitations détruits par une frappe aérienne le 2 mars 2026 à Téhéran, en Iran. Photo : Getty Images / Majid Saeedi

Au cours d'un entretien avec ABC News, il a cependant indiqué que les leaders potentiels identifiés par les États-Unis avaient été tués lors de l'attaque initiale. L'attaque a été tellement efficace qu'elle a éliminé la plupart des candidats, a-t-il dit, cité par le réseau. Ce ne sera personne à qui nous pensions, car ils sont tous morts. Les candidats en deuxième et troisième positions sont morts.

Le Croissant-Rouge iranien a, par ailleurs, annoncé un bilan de 555 morts depuis samedi. Téhéran a affirmé qu'un bombardement avait fait 168 morts dans une école du sud du pays, samedi, un bilan qui n'a pas pu être vérifié de source indépendante.

Invoquant d'importants risques sécuritaires, le département d'État a, par ailleurs, exhorté les Américains présents au Moyen-Orient à quitter une douzaine de pays et territoires : Iran, Israël, Gaza, Cisjordanie, Bahreïn, Égypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Syrie, Émirats arabes unis et Yémen.

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