Les États Unis

Trump s’attelle au démantèlement du ministère de l’Éducation américain

Mars 21, 2025 at 10:40
PHOTO: CARLOS BARRIA / REUTERS
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Le président américain, Donald Trump, a signé jeudi un décret visant à éliminer “une fois pour toutes” le ministère de l’Éducation fédéral. Les démocrates ont immédiatement crié au scandale, rappelant, à l’instar de la presse, qu’une telle décision ne pouvait être prise que par le Congrès.

Donald Trump serait-il en passe de réaliser le “rêve chimérique des conservateurs” ? La BBC rappelle qu’en 1982, “alors qu’il se rendait au Congrès pour son discours sur l’état de l’Union, le président américain, Ronald Reagan, s’apprêtait à délivrer un message qui a trouvé un écho auprès de nombreux républicains : supprimons le ministère de l’Éducation”.

“Nous devons réduire les dépenses publiques non essentielles”, avait déclaré Reagan aux législateurs, “promettant de réduire de 75 000 le nombre total d’employés fédéraux”.

Pendant quarante-trois ans, cette promesse d’éliminer le ministère de l’Éducation “est restée lettre morte”, constate le radiodiffuseur britannique. Mais jeudi, Donald Trump s’y est à nouveau attelé, par le biais d’un décret ordonnant à sa ministre de l’Éducation, Linda McMahon, de prendre “toutes les mesures nécessaires” pour fermer le ministère.

“Nous allons tout simplement rendre l’éducation aux États qui en ont la charge”, a déclaré Donald Trump, cité par NPR. “Et c’est une mesure très populaire, mais surtout, c’est une mesure de bon sens, et elle va fonctionner”, a-t-il ajouté lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche, devant les gouverneurs républicains du Texas, de l’Indiana, de la Floride et de l’Ohio – bien connus pour leurs positions ultraconservatrices en matière d’éducation.

“Mise en scène”

Le président américain avait “mis en scène” la signature du texte, s’entourant pour l’occasion d’“écoliers” assis à des bureaux, qui “semblaient signer des versions miniatures du décret pendant que le président paraphait le document officiel”, remarque The Wall Street Journal.

Pour le quotidien économique conservateur, la décision avait beau être attendue, elle constitue “une escalade dans la lutte politique acharnée sur l’avenir du ministère”, créé en 1979.

Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a immédiatement dénoncé un “coup de force tyrannique” et “l’une des mesures les plus destructrices et dévastatrices” jamais prises par Donald Trump. La sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren, elle-même ancienne enseignante, a quant à elle appelé les défenseurs de l’éducation à “riposter”.

El País juge cependant que la “mise en scène” de jeudi ne fait qu’élargir “le répertoire du théâtre politique” que Donald Trump “a installé à la Maison-Blanche depuis son retour au pouvoir”. Car il sait que la décision de fermer le ministère “n’est pas entièrement entre ses mains”.

La fermeture d’un tel ministère fédéral “nécessite l’approbation du Congrès, et plus précisément 60 voix [sur 100] au Sénat”, explique le quotidien madrilène. Or les républicains n’y disposent que de 53 sièges et “aucun membre du Parti démocrate ne soutiendra cette motion”.

Le démantèlement “a déjà commencé”

Peu de chances, donc, de voir Mme McMahon enterrer “une fois pour toutes” son propre ministère, malgré l’injonction de son président. Ce qu’elle peut faire, en revanche, c’est “réduire le ministère de l’Éducation à sa plus simple expression, dans les limites de la loi”, note le quotidien espagnol.

NPR rappelle que le ministère de l’Éducation américain n’a pas les mêmes attributions que ses équivalents dans des pays centralisés comme la France. La loi lui interdit notamment de “dicter aux écoles ce qu’elles doivent enseigner et comment” – une prérogative qui revient aux États. Mais il n’en reste pas moins un rouage essentiel du système éducatif.

“Sa mission principale consiste à distribuer des fonds aux étudiants sous forme de bourses et de prêts”, souligne The New York Times. “Il verse également des fonds fédéraux aux écoles primaires et secondaires, destinés aux élèves issus de milieux défavorisés et handicapés, et veille au respect des lois contre la discrimination”.

Mais pour le quotidien new-yorkais, avec ou sans décret, Donald Trump “a déjà commencé à démanteler le ministère, en licenciant environ la moitié de son personnel, en vidant son département très respecté de recherche en éducation, et en réduisant considérablement le champ d’action du service des droits civiques, qui a pour mission de protéger les étudiants contre la discrimination”.

Courrier international

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