Des parents demandent d’annuler les voyages scolaires aux États-Unis

Auteur: admin Source: Radio Canada
Mars 31, 2025 at 08:46
Le contexte politique aux États-Unis rend certains parents mal à l'aise avec les sorties scolaires à l'étranger. (Photo d'archives)  Photo : Getty Images / Adam Gray
Le contexte politique aux États-Unis rend certains parents mal à l'aise avec les sorties scolaires à l'étranger. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Adam Gray

Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, le contexte politique canado-américain rend des parents mal à l'aise de voir l'école de leurs enfants maintenir des voyages aux États-Unis. Ils disent craindre pour la sécurité des élèves, notamment lorsqu'ils traverseront les postes frontaliers.

C’est le cas de Maya Cholette-Tétrault, dont les deux filles fréquentent l'école secondaire Robert-Gravel, située dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, à Montréal, et qui devaient participer à un voyage scolaire à New York.

J'ai l'impression que ce n'est pas une bonne idée que nos enfants aillent visiter la ville de New York, lance-t-elle. Tout le monde pensait au début que les menaces d'annexion de Donald Trump étaient une blague, mais on se rend compte que c'est très sérieux.

Elle dit craindre des épisodes comme celui qui est arrivé à une Britanno-Colombienne qui a été détenue pendant près de deux semaines par les services d'immigration américains, au début du mois.

 

Ça devient un souci de sécurité.

Une citation deMaya Cholette-Tétrault, mère de famille montréalaise

Avec l'aide d’autres parents, elle tente de convaincre l’administration de l’école de ses enfants d'annuler le voyage.

En tant qu'école qui défend les valeurs de démocratie, d'inclusion, de justice, d'équité, de diversité, il y a un problème. On ne peut pas faire croire aux enfants en ce moment que c'est normal d'aller aux États-Unis dépenser 800 $ par tête dans des hôtels, d’aller dans des restaurants, et d'aller magasiner, insiste-t-elle.

Bien que ses deux filles se soient retirées du voyage, Mme Cholette-Tétrault et d'autres parents s'en font pour le reste de la classe, notamment pour certains élèves dont la sécurité va être davantage compromise que celle de mes filles, en raison de leur nom de famille et de leur couleur de peau, ou encore de leur identité de genre lors du passage de la frontière canado-américaine.

Annuler ou pas le voyage?

La mère de famille voudrait voir la direction changer la destination ou tout simplement annuler les sorties aux États-Unis, comme l’a décidé par exemple le Centre de services scolaire des Monts-et-Marées, situé dans le Bas-Saint-Laurent. Or, elle déplore que la direction de l'école – qui dépend du Centre de services scolaire de Montréal – ait décidé de maintenir le déplacement.

Au moment de publier ces lignes, le Centre de services scolaire de Montréal n’avait pas répondu aux questions de Radio-Canada.

En Estrie, l’administration du Collège Mont-Sacré-Cœur, une école secondaire privée située à Granby, a pour sa part décidé d’annuler deux voyages scolaires prévus en mai à New York et à Boston.

Ça n’avait pas de sens de poursuivre comme si de rien n’était. On explique à nos élèves que leurs choix individuels ont des impacts sur la société, donc de faire abstraction [du contexte politique], ça n’avait pas de sens, raconte David Choinière, directeur adjoint du Collège Mont-Sacré-Cœur.

Selon lui, les élèves sont déçus de ne pas aller en voyage, mais ils ont tous eu leur mot à dire.

Oui, c’est une décision de l’administration, mais c’est aussi une façon de faire de l’éducation sur le terrain, et les élèves font partie de ça. Je suis bien fier de leur compréhension, indique-t-il.

Aucune directive spécifique

La présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, Kathleen Legault, précise que les centres de service scolaire n'ont pas établi de ligne de conduite quant aux voyages scolaires aux États-Unis.

Pour le moment, on ne nous a pas avisés que des mineurs ou de jeunes voyageurs avaient été interpellés. Évidemment, si on a des informations de cette nature, je pense que toutes les écoles réviseraient leur projet, assure-t-elle.

Elle invite néanmoins les parents qui craignent pour la sécurité de leurs enfants à prendre les décisions qu’ils jugent nécessaires.

Avec les informations de Catherine Dib

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