Longtemps soucieux d’éviter un affrontement direct, Riyad assume désormais ses opérations militaires contre les réseaux soutenus par Téhéran. La multiplication des attaques contre ses infrastructures énergétiques et la fragilisation de ses voies d’exportation pourraient contraindre le royaume à s’engager davantage dans le conflit.
Après avoir longtemps rechigné à s’impliquer ouvertement dans le conflit qui oppose, depuis le 28 février, l’Iran et ses alliés aux Etats-Unis et à leurs partenaires, l’Arabie saoudite semble avoir tiré les leçons d’une nouvelle réalité : la guerre est loin d’être terminée. Elle pourrait s’installer dans la durée, ponctuée de brèves accalmies, au gré de reprises des négociations entre les belligérants, tout en prenant progressivement la forme d’un conflit d’usure. Avec, à chaque nouvelle escalade, le risque de voir les affrontements s’étendre à l’ensemble de la région.
Selon l’agence de presse Reuters et le Wall Street Journal, Riyad menait jusqu’alors ses opérations contre l’Iran à bas bruit. Les deux médias ont rapporté que le royaume avait effectué de nombreuses frappes non annoncées en Iran depuis le déclenchement de la guerre, notamment en mars. La revendication, mercredi 29 juillet, de frappes contre des milices chiites pro-iraniennes en Irak marque ainsi un changement de posture : pour la première fois depuis la guerre du Golfe, en 1991, l’Arabie saoudite assume publiquement sa participation à des frappes aériennes menées aux côtés des Etats-Unis sur le territoire d’un autre pays arabe. L’opération constituait une riposte aux attaques lancées ces derniers jours contre ses installations pétrolières, que Riyad attribue aux milices pro-iraniennes. Quelques jours plus tôt, le royaume avait déjà frappé les houthistes au Yémen, en réponse au blocus de ses ports en mer Rouge, annoncé le 20 juillet, par ces rebelles soutenus par l’Iran.
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