La dirigeante du Rassemblement national a été reconnue coupable de détournements de fonds publics le 31 mars. Elle est condamnée par le tribunal de Paris à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui lui barre la route à l’élection présidentielle 2027. La presse internationale observe un jugement qui pourrait “mettre le feu à la politique française”.
Le verdict est tombé dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. Marine Le Pen a été condamnée le 31 mars 2025 à une peine de quatre ans de prison dont deux avec sursis assortie d’une amende de 100 000 euros d’amende. La présidente du Rassemblement national est également condamnée une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, ce qui lui barre la route pour une candidature à l’élection présidentielle 2027. Le parquet avait requis deux ans ferme, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.
Marine Le Pen est reconnue coupable, avec huit eurodéputés, de détournement de fonds public pour un montant de 2,9 millions d’euros sur la période 2012-2017, après avoir fait “prendre en charge par le Parlement européen” les salaires de personnes qui travaillaient en réalité pour le parti. Le Rassemblement national (RN, ex-FN) est condamné à deux millions d’euros d’amende, dont un ferme. Les douze assistants ont été déclarés coupables de recel.Il y a bien eu l’existence d’un “système” au sein du parti et “d’emplois fictifs”, a déclaré la présidente du tribunal, Bénédicte de Perthuis. “Il a été établi que toutes ces personnes travaillaient en réalité pour le parti”, que leur député “ne leur avait confié aucune tâche”, et qu’ils “passaient d’un député à l’autre”, a-t-elle détaillé. “Il apparaît nécessaire d’assortir les peines d’inéligibilité de l’exécution provisoire, a expliqué la présidente du tribunal. Il s’agit de veiller à ce que les élus […] ne bénéficient pas d’un régime de faveur.”
Tous les élus sont condamnés à une peine d’inéligibilité. Louis Aliot, maire de Perpignan et vice-président du RN, écope d’une peine de 18 mois de prison dont six mois ferme, directement aménagés sous bracelet électronique, et trois ans d’inéligibilité, mais sans exécution immédiate.
Guerre de succession
Cette décision est “un jugement qui laissera des traces dans le paysage politique français”, pour le quotidien madrilène El País. “Un événement colossal pour la vie politique française”, selon The Guardian britannique. L’enjeu, pour le New York Times, dépassait la personne de Marine Le Pen, qui a quitté la salle d’audience avant le prononcé de sa peine. À Paris, le verdict est “considéré comme un test pour la démocratie française ainsi que pour l’État de droit”, écrivait le quotidien américain. Ce procès avait tout pour faire “éclater une crise politique majeure alors que la Ve République montre de plus en plus des signes d’essoufflement”.
Le doute s’est installé en Suisse. La question cruciale qui s’impose, estime le journal Le Temps, est la suivante : “Le RN pourrait-il être tenté de mettre le feu au paysage politique français, voire plus largement parmi ses sympathisants, lui qui joue l’apaisement depuis plusieurs mois ?” Risque-t-on d’assister à un “ouragan politique en France” ? C’est la question que se pose aussi Blick. Car cette “marginalisation forcée” de Marine Le Pen en amont de l’élection présidentielle de 2027 “transformerait la droite en champ de bataille” et une “guerre de succession s’ouvrirait aussi à la droite de la droite”, analyse le journal zurichois.
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