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Le Danemark s’élève contre les nouvelles menaces américaines sur le Groenland

Une manifestante brandit une pancarte sur laquelle on peut lire « Nous ne sommes pas à vendre » devant le consulat américain à Nuuk, au Groenland. (Photo d'archives)  Photo : Getty Images / CHRISTIAN KLINDT SOELBECK / AFP
Une manifestante brandit une pancarte sur laquelle on peut lire « Nous ne sommes pas à vendre » devant le consulat américain à Nuuk, au Groenland. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / CHRISTIAN KLINDT SOELBECK / AFP

Agence France-Presse

La première ministre danoise a exhorté dimanche les États-Unis à « cesser leurs menaces » d'annexer le Groenland après de nouveaux propos de Donald Trump en ce sens.

L'intervention militaire américaine au Venezuela, qui a mis en exergue l'intérêt de Donald Trump pour les vastes ressources pétrolières du pays, a ravivé les craintes pour le Groenland, convoité par le président américain pour ses importantes ressources minières et son emplacement stratégique.

Le message de l'épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, a donné du corps à ces craintes. Katie Miller a publié samedi sur son compte X une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d'une courte légende en lettres majuscules : SOON (bientôt).

Katie Miller a été un temps conseillère et porte-parole du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), alors dirigé par Elon Musk, avant d'être employée par le milliardaire dans le secteur privé.

Donald Trump a ensuite poussé la cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, à sortir de sa réserve.

 La première ministre danoise Mette Frederiksen lors d'une conférence de presse à Copenhague.
La première ministre danoise Mette Frederiksen (Photo d'archives) Photo : Reuters / Mads Claus Rasmussen

Interrogé lors d'un entretien téléphonique avec The Atlantic sur les implications de l'opération militaire au Venezuela pour le Groenland, Trump a déclaré que c'était à ses partenaires de les évaluer, selon le magazine.

Ils vont devoir se faire leur propre opinion. Je ne sais vraiment pas, a déclaré M. Trump, ajoutant : Mais nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour notre défense.

La première ministre danoise s'est élevée contre la convoitise du président américain : Je demande instamment aux États-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu'ils n'étaient pas à vendre, a écrit Mme Frederiksen dans un communiqué dimanche soir.

Je dois le dire très clairement aux États-Unis : il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland.

Une citation deMette Frederiksen, première ministre du Danemark

« Garantie de sécurité »

La première ministre a rappelé que le royaume du Danemark, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, fait partie de l'OTAN et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l'alliance.

Le Danemark est un allié historique et traditionnel des États-Unis, se fournissant largement auprès de Washington pour son armement.

Le premier ministre du territoire autonome danois avait jugé auparavant irrespectueux le message de la femme du conseiller de Trump.

Les relations entre les pays et les peuples sont fondées sur le respect et le droit international, et non sur des symboles qui ignorent notre statut et nos droits, a dit Jens-Frederik Nielsen sur Facebook.

Pour autant, il n'y a aucune raison de paniquer ou de s'inquiéter, selon lui.

L'ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Møller Sørensen, avait lui répondu au message de Mme Miller en disant attendre le respect total de l'intégrité territoriale du royaume du Danemark.

L'annonce fin décembre par Donald Trump de la nomination d'un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois avait déjà provoqué un accès de fièvre entre les deux pays.

Le Groenland, une immense île arctique peuplée de 57 000 habitants, répète ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir.

En janvier 2025, 85 % des Groenlandais disaient s'opposer à une future appartenance aux États-Unis, selon un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq. Seuls 6 % y étaient favorables.

Fin mars 2025, le vice-président américain, J.D. Vance, avait provoqué un tollé en prévoyant de se rendre sur le territoire sans y avoir été invité. Il y avait finalement renoncé pour se contenter de visiter la seule base militaire américaine du territoire.

Fin août, la télévision danoise avait révélé qu'au moins trois Américains liés à Donald Trump avaient réalisé des opérations d'influence dans ce territoire polaire.

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