DÉCRYPTAGE - L’Union européenne a depuis fin 2023 les moyens juridiques de frapper fort là où cela fait mal en cas d’escalade avec les États-Unis. Mais les Vingt-Sept prendront-ils ce risque ?
Par Bertille Bayart
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche il y a un an, l’Europe est la cible régulière de ses attaques politiques, diplomatiques et commerciales. Droits de douane soi-disant «réciproques» mais en réalité unilatéraux, menaces ciblées brandies contre des filières spécifiques comme les vins et spiritueux, interdiction de visas à l’encontre de personnalités européennes dont l’ex-commissaire Thierry Breton, menaces de représailles contre des sociétés européennes (CapGemini, Publicis, Accenture, DHL, Mistral AI...) pour obtenir le démantèlement des régulations de l’Union dans les services numériques ... les coups de pression ont été incessants.
À chacune de ces occasions, certains responsables européens ont plaidé pour le déclenchement de l’instrument anti-coercition (ACI), qui est au champ de bataille économique et commercial ce qu’est la dissuasion nucléaire au domaine militaire. Faute d’unité et de détermination, les Vingt-Sept n’ont cependant jamais franchi le pas. La menace lancée…