Intelligence artificielle 4 min de lecture

Les craintes liées à l’intelligence artificielle secouent les marchés boursiers

Source: Radio Canada
Les baisses de la semaine dernière en bourse s'expliquent notamment par des annonces en IA, qui font craindre une révolution qui pourrait rendre certaines professions et entreprises obsolètes.  Photo : AFP / ANGELA WEISS
Les baisses de la semaine dernière en bourse s'expliquent notamment par des annonces en IA, qui font craindre une révolution qui pourrait rendre certaines professions et entreprises obsolètes. Photo : AFP / ANGELA WEISS

L’indice Nasdaq est dans le rouge depuis cinq semaines, une première depuis 2022.

Les marchés financiers sont ébranlés par les inquiétudes entourant l’évolution rapide de l’intelligence artificielle. Plusieurs secteurs sont touchés, alors que les investisseurs tentent d’évaluer l’ampleur des bouleversements à venir.

Depuis deux semaines, une série d’annonces majeures dans le domaine de l’IA ravivent les préoccupations. Ces développements entraînent le recul d’actions d’entreprises, notamment dans les secteurs de l’immobilier, du camionnage, des logiciels, de l’ingénierie et des services financiers.

Des annonces qui alimentent l’incertitude

Des entreprises comme Anthropic, Google et Altruist ont récemment annoncé de nouveaux modèles d’IA aux capacités accrues.

Google présente Gemini 3 Deep Think comme un outil de raisonnement avancé, capable d’aider à résoudre des problèmes en science et en génie. Anthropic dit que son grand modèle de langage (GML), Claude, peut exécuter des tâches complexes, y compris de l’analyse financière et de la planification fiscale.


Laurent Charlin donne une entrevue à la caméra.
Laurent Charlin est professeur agrégé à HEC Montréal au Département de sciences de la décision et chercheur principal à Mila. Photo : Radio-Canada

Faut-il y voir une révolution imminente qui rendra bientôt certaines professions et entreprises obsolètes? Selon Laurent Charlin, professeur agrégé à HEC Montréal et chercheur principal à l’Institut québécois d’intelligence artificielle (Mila), l’adoption de ces technologies ne sera pas instantanée et comporte une complexité souvent sous-estimée.

Ce n’est pas comme changer une chaise de bureau parce qu’on a une meilleure chaise, et qu’on va simplement la remplacer par une autre, dit-il. Ce sont souvent des objets beaucoup plus complexes qui doivent s’arrimer dans l’entreprise.

Même si la transition ne se fera pas du jour au lendemain, les investisseurs sur les marchés réagissent par anticipation.

Certaines firmes de génie, comme les montréalaises WSP et AtkinRéalis (anciennement SNC-Lavalin), ont d’ailleurs subi des reculs marqués en bourse à Toronto la semaine dernière, des investisseurs craignant que certains de leurs services deviennent moins nécessaires à moyen terme.

L’ombre des pertes d’emplois

Les inquiétudes ne se limitent pas aux entreprises. Des dirigeants du secteur technologique ont récemment évoqué l’impact potentiel de l’IA sur l’emploi.

Dans une entrevue au Financial Times, Mustafa Suleyman, le responsable de l’IA de Microsoft, a affirmé que l’intelligence artificielle atteindra une performance de niveau humain sur la majorité des tâches professionnelles et que la plupart de ces tâches pourraient être entièrement automatisées d’ici 12 à 18 mois.

Le dirigeant d’Anthropic, Dario Amodei, estime, lui, que la moitié des postes débutants de cols blancs pourraient être remplacés par l’IA d’ici cinq ans.

Le stratège Zyad Chouadhi.
Zyad Chouadhi est stratège en gouvernance IA et décisions de direction. Photo : Zyad Chouadhi

S’agit-il d’un avertissement lucide ou d’un message stratégique destiné aux investisseurs?

Pour le stratège en gouvernance de l’IA et en prise de décision exécutive Zyad Chouadhi, les entreprises restent motivées par des impératifs d’affaires. Selon lui, les déclarations et les annonces servent à la fois à projeter une vision technologique et à influencer les investisseurs.

Ce qui va changer la game au niveau des salariés, des employés, ou même des organisations, c’est ce qu’on fait de cet outil, précise-t-il. Est-ce qu’on a déjà fait un bilan, est-ce qu’on sait où on s’en va, est-ce que je maîtrise suffisamment [l’IA]?

La grande majorité des étudiants québécois utilisent l’IA pour leurs études, parfois en dépit des règles, montre un sondage SOM-Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada

Il recommande aux travailleurs de ne pas rester passifs face à ces transformations. Vous avez le droit de demander à vos organisations un cadre. Quel est le cap? [...] Quel est le plan?

Selon lui, il est essentiel que les chefs d’entreprise évaluent si la technologie crée ou détruit de la valeur dans leur modèle d’affaires.

Un sommet stratégique en Inde

Les dirigeants des grandes entreprises technologiques se réunissent à New Delhi, en Inde, pour un sommet consacré à l’intelligence artificielle cette semaine.

Parmi les participants attendus figurent le PDG d’OpenAI, Sam Altman, celui d’Alphabet, Sundar Pichai, le dirigeant d’Anthropic, Dario Amodei, ainsi que le cofondateur et PDG de Google DeepMind, Demis Hassabis.

Le ministre canadien de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, doit également y participer dans le but d’attirer des investissements au pays.

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