Agence France-Presse
L'entreprise émergente d'intelligence artificielle (IA) Anthropic va saisir la justice pour contester sa désignation comme entreprise « à risque » par le département de la Défense des États-Unis, a indiqué son patron, tout en tentant de se faire rassurant sur les conséquences de cette classification pour son activité.
Le Pentagone a ajouté Anthropic à sa liste de sociétés présentant un risque pour les approvisionnements, en rétorsion au refus de l'entreprise de lever des restrictions d'usage de son IA.
Le groupe californien exclut de voir ses modèles servir à de la surveillance de masse des populations ou à l'automatisation d'attaques mortelles.
Nous n'estimons pas que cette action soit fondée juridiquement [...] et nous ne voyons pas d'autre choix que de la contester devant les tribunaux.
Une citation deDario Amodei, PDG d'Anthropic
Ne figuraient jusqu'ici sur cette liste que des sociétés étrangères, dont l'équipementier chinois Huawei ou le spécialiste russe des logiciels antivirus Kaspersky.
Elle s'applique généralement à des entités dont les produits sont jugés susceptibles de menacer la sécurité nationale des États-Unis.
La classification à risque empêche théoriquement tout autre fournisseur de l'État fédéral américain de contracter avec l'entreprise concernée.
Mais Dario Amodei a révélé jeudi que les termes du courrier adressé par le département de la Défense avaient un champ d'application étroit.
Ils ne prohibent ainsi, selon lui, que l'utilisation de l'interface IA d'Anthropic, Claude, par des entreprises tierces dans le cadre de leurs contrats avec le département de la Défense. Dès lors, toujours selon le dirigeant, la grande majorité de nos clients ne sont pas concernés par cette désignation.
Dario Amodei avait déclaré mardi être toujours en discussion avec le département de la Défense pour tenter de désamorcer leur contentieux et de trouver un accord.
Je veux mettre un terme aux rumeurs : il n'y a pas de négociation active entre le [département de la Défense] et Anthropic, a cependant écrit jeudi le sous-secrétaire à la Défense délégué à la Recherche et à l'Ingénierie, Emil Michael, sur X.
Le feuilleton qui se joue, depuis plus de deux semaines, entre Anthropic et le gouvernement américain a donné un nouveau coup de projecteur à ce fleuron de l'IA, qui avait déjà le vent en poupe.
Déjà très bien positionné sur le marché de l'IA pour entreprises, le groupe s'est encore renforcé avec la sortie de nouveaux modèles d'intelligence artificielle générative.
Ils se révèlent particulièrement performants pour le code informatique et la nouvelle vague des agents IA, des assistants capables de réaliser, sur commande, des tâches de façon autonome.
Sollicité par l'AFP, Anthropic a indiqué que le nombre d'utilisateurs payants de Claude avait doublé depuis le début de l'année.
Il y a une semaine, Claude s'est hissé, pour la première fois, en tête des téléchargements sur l'App Store d'Apple, place qu'il occupait toujours vendredi. Il était également au sommet des applications gratuites sur Google Play, la boutique d'applications des téléphones intelligents Android.
Selon Anthropic, Claude est actuellement téléchargé plus d'un million de fois par jour.