Agence France-Presse
Les États-Unis et l'Iran cherchent à finaliser un accord pour mettre fin à la guerre, Marco Rubio évoquant même une possible « bonne nouvelle » dans la journée de dimanche, mais sans régler, toutefois, l'épineuse question du nucléaire iranien.
Je pense qu'il est peut-être possible que, dans les prochaines heures, le monde reçoive une bonne nouvelle, a déclaré le secrétaire d'État américain à des journalistes, en marge d'un déplacement en Inde.
Donald Trump avait précédemment évoqué un compromis en grande partie négocié qui prévoirait la réouverture du détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février.
Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, détroit vital pour l'économie mondiale.
Des sources iraniennes au fait des négociations, citées par l'agence de presse iranienne Fars, affirment que l'accord prévoit bien un déblocage du détroit, mais que ce dernier resterait sous le contrôle de l'Iran.
Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger et la poursuite des négociations pendant 30 jours supplémentaires. Un délai qu'indique également le Wall Street Journal.
L'agence Fars signale quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et d'autres produits pétrochimiques seraient également levées, le temps de la poursuite des négociations, afin de permettre à l'Iran d'exporter ces produits, primordiales pour son économie.
Nucléaire remis à plus tard
L'accord discuté ne règle pas, en revanche, la question centrale, soit la façon dont l'Iran se débarrasserait précisément de ses stocks d'uranium enrichi, qui ferait l'objet d'un prochain cycle de négociations dans les semaines ou mois à venir, a indiqué le New York Times en s'appuyant sur les propos de responsables américains.
Selon Marco Rubio, l'accord pourrait mener à un processus qui peut finalement nous conduire là où le président souhaite que nous soyons, à savoir un monde qui n'a plus à craindre une arme nucléaire iranienne.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères avait affirmé samedi que Téhéran était en phase de finalisation d'un protocole d'accord.
Cela ne signifie pas nécessairement que nous et les États-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes, avait souligné Esmaïl Baghaï, précisant que le dossier nucléaire ne faisait pas partie à ce stade de l'accord en discussion.
Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur de ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer accueillir très prochainement la séance de négociations suivante.
Une première séance de pourparlers, infructueuse, s'était tenue à Islamabad le 11 avril.
Le téléphone sonne
Samedi, le président américain avait indiqué dans un message sur sa plateforme Truth Social avoir échangé au téléphone avec de nombreux dirigeants d'États du Golfe, mais aussi de Turquie, d'Égypte, de Jordanie et du Pakistan.
Donald Trump avait également déclaré avoir discuté avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, dans un appel distinct qui s'était bien passé, selon lui.
Les médias américains ont fait état, ces derniers jours, de stratégies divergentes, l'une premier préconisant une solution diplomatique, et l'autre, la reprise des combats.
L'apparent rapprochement des belligérants est intervenu après des semaines de blocages et de menaces.
Plus tôt samedi, Donald Trump avait dit au média Axios qu'il estimait à 50-50 les chances d'un bon accord ou d'une reprise de la guerre.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui venait de rencontrer le chef de l'armée pakistanaise à Téhéran, avait lui promis une réponse écrasante si les États-Unis reprenaient leur guerre contre l'Iran.
Solutions pacifiques
Après plus d'un mois de guerre qui a fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les États-Unis.
Dans le Golfe, les diplomates s'activent pour tenter de faire aboutir les discussions et éviter une reprise des frappes. Lors de l'appel avec Donald Trump, l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a exhorté à donner la priorité aux solutions pacifiques, selon son bureau.
Le Qatar, comme d'autres pétromonarchies du Golfe alliées des États-Unis, a été visé par des tirs iraniens de représailles sur son territoire lors des premières semaines de la guerre.
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, s'est félicité dimanche des progrès vers un accord, tout comme la présidente de la Commission européenne. Nous avons besoin d'un accord qui désamorce véritablement le conflit, rouvre le détroit d'Ormuz et garantisse une pleine liberté de navigation sans péage. Il ne faut pas permettre à l'Iran de développer une arme nucléaire, a déclaré Ursula von der Leyen.
Impopulaire aux États-Unis, la guerre a aussi gravement perturbé l'économie mondiale. Un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde transitaient par le détroit d'Ormuz avant le conflit.
Sur le front libanais, l'armée israélienne a appelé dimanche à l'évacuation d'une dizaine de villages dans le sud et l'est du Liban, avant de nouvelles frappes prévues contre le Hezbollah pro-iranien, malgré la trêve en cours.
À Nabatiyé (sud), la défense civile libanaise a déploré la destruction de son centre régional dans une frappe israélienne.