Agence France-Presse
Donald Trump a déclaré dimanche que les États-Unis n'entendaient pas « se précipiter » en vue de conclure un accord avec l'Iran, semblant tempérer l'espoir d'une finalisation rapide pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient.
J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, alors qu'Américains et Iraniens affirmaient depuis quelques jours chercher à négocier un compromis.
Le président américain a également affirmé que le blocage américain des ports iraniens dans le détroit d'Ormuz restera pleinement en vigueur jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé.
Il a ajouté que les deux parties doivent prendre le temps nécessaire pour bien faire les choses. Il ne doit y avoir aucune erreur.
Le président américain avait ordonné le blocus des ports iraniens après l'échec d'une première session de pourparlers irano-américains à Islamabad.
Selon Axios et CNN, qui citent de hauts responsables américains sous couvert d'anonymat, la Maison-Blanche ne s'attend pas à la conclusion d'un accord dimanche, laquelle pourrait prendre encore plusieurs jours pour obtenir l'aval de l'ayatollah Mojtaba Khamenei.
Selon ce projet d'accord, l'Iran s'engagerait à rouvrir le détroit d'Ormuz et à se séparer de son stock d'uranium enrichi d'une manière qu'il reste à déterminer.
Les négociations se déroulent de manière ordonnée et constructive, a ajouté le président américain sur Truth Social.
Après plus d'un mois de conflit qui a fait des milliers de morts, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les États-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi-blocage du détroit stratégique d'Ormuz.
Le président américain avait évoqué samedi un compromis négocié en grande partie qui prévoirait la réouverture du détroit d'Ormuz, bloqué de facto par Téhéran depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.
Critiques républicaines
Les propos de M. Trump dimanche semblent répondre aux critiques émises dans son propre camp, ce week-end, quant aux perspectives d'un accord, vu par certains élus républicains comme trop favorable à l'Iran, l'ennemi juré des États-Unis.
Les sénateurs Ted Cruz et Lindsey Graham, tout comme Mike Pompeo, secrétaire d'État de Donald Trump lors de son premier mandat, ont fait part de leur opposition à ce que l'Iran bénéficie prochainement d'avantages tels que la possibilité de vendre librement son pétrole.
M. Cruz a estimé sur X que l'issue pourrait être une erreur désastreuse.
Cela n'a aucun sens pour moi, a renchéri dimanche le sénateur républicain sortant, Thom Tillis, sur CNN.
Nous parlons aujourd'hui d'une position selon laquelle nous pourrions accepter que les matières nucléaires restent en Iran. Comment cela peut-il avoir du sens? De même, un cessez-le-feu de 60 jours et le fait de s'attendre à ce qu'ils libèrent le détroit d'Ormuz avant que les conditions de l'accord ne soient fixées me semblent également discutables, a-t-il dit.
J'ai l'impression que cet accord va en fait nous ramener au statu quo d'avant-guerre, a déclaré pour sa part le sénateur démocrate Chris Van Hollen sur la chaîne Fox News, dimanche.