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Iran 4 min de lecture

Trump dit que l’Iran a « trop tardé » et devra « payer le prix »

Après un cessez-le-feu qui n'a pas duré, les États-Unis et l'Iran ont relancé leurs offensives. (Photo d'archives)  Photo : Reuters / Morteza Nikoubazl
Après un cessez-le-feu qui n'a pas duré, les États-Unis et l'Iran ont relancé leurs offensives. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Morteza Nikoubazl

Agence France-Presse

L'Iran et les États-Unis ont à nouveau échangé des tirs dans la nuit, refroidissant les espoirs d'un accord de paix imminent promis par Donald Trump.

À la veille du coup d'envoi d'une Coupe du monde à saveur particulière – où la sélection iranienne jouera sur le sol américain – l'Iran a lancé des missiles et des drones vers la Jordanie et ses voisins du Golfe en réponse à des frappes américaines sur l'Iran, elles-mêmes en riposte à la destruction d'un hélicoptère américain.

Difficile donc de voir une fin proche à ce cercle d'hostilités et de croire au très très bon accord annoncé mardi par le président américain dans deux à trois jours, afin de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.

Mercredi matin, Donald Trump a publié un message aux antipodes sur son réseau Truth Social.

L'Iran ne fait que parler, sans agir. Le tyran du Moyen-Orient est MORT! Ils ont trop tardé à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux; maintenant, ils vont devoir en payer le prix!

Une citation deDonald Trump, président des États-Unis

La diplomatie est mise à mal par le recours à la force, a déclaré mercredi le ministère iranien des Affaires étrangères, dénonçant les messages contradictoires de Washington et ses violations répétées du cessez-le-feu conclu le 8 avril.

Tôt mercredi, l'Iran avait revendiqué des attaques contre des bases américaines abritées par Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à des cibles aériennes hostiles sans préciser leur provenance.

Les autorités à Bahreïn ont dit avoir intercepté plusieurs attaques, tandis que l'armée jordanienne a assuré avoir détruit cinq missiles qui ciblaient la localité d'Azraq, où se situe une base américaine.

Œil pour œil, dent pour dent

Avant cela, Donald Trump avait prévenu qu'il devrait nécessairement répliquer après qu'un hélicoptère américain survolant le détroit d'Ormuz a été abattu lundi. L'Iran n'a pas évoqué l'attaque, mais a cependant semblé vouloir la minimiser.

Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques, en raison de leurs propres erreurs humaines, de simples accidents ou de la possibilité d'être prises dans des tirs croisés. Pour réduire ce risque, la meilleure solution est qu'elles partent, a écrit le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sur X.

Un hélicoptère décolle.
Un hélicoptère américain décolle de l'USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, dans le cadre de l'opération Epic Fury en Iran, le 28 février. Photo : Getty Images / U.S. Navy

Les frappes américaines en représailles ont notamment ciblé dans la nuit les villes de Jask et de Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran. Deux réservoirs ont été détruits, privant 20 000 habitants d'eau potable, selon la télévision d'État.

Extrêmement préoccupée, la Russie a appelé à la retenue et à une cessation immédiate des attaques armées. La Chine, tout aussi profondément préoccupée, a réclamé des mesures concrètes pour apaiser les tensions et stopper l'escalade.

Le sud du Liban sous les bombes

Les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran le 8 avril.

L'Iran, qui avait frappé en premier en réponse à des bombardements à Beyrouth, exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe le Liban, où s'affrontent depuis le 2 mars le Hezbollah et Israël.

Donald Trump avait exhorté les deux pays à cesser immédiatement les hostilités. Il cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux États-Unis, qu'il a déclenché aux côtés d'Israël le 28 février. Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.

Dans le sud du Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés sans relâche par l'armée israélienne. Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.

Des nuages de fumée s'élèvent à la suite d'une frappe israélienne à Tyr.
Des nuages de fumée s'élèvent à la suite d'une frappe israélienne à Tyr, au Liban. Photo : Reuters / Stringer

Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le mouvement chiite, l'armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien. Le quartier chrétien est désormais vide à 99 %, a rapporté à l'AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal.

Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban – qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne.

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