Affaibli par la chute de Bachar Al-Assad et le recul du Hezbollah, l’« axe de la résistance » se recompose autour des milices irakiennes et des houthistes, qui offrent à la République islamique des relais de projection face à Israël et aux Etats-Unis en mer Rouge et dans le golfe Persique.
Par Fanny Arlandis, Ghazal Golshiri et Laure Stephan
Les frappes conjointes menées par l’Arabie saoudite et les Etats-Unis en Irak, le 29 juillet, contre les milices chiites pro-iraniennes – à la suite d’attaques attribuées à ces dernières sur des installations pétrolières saoudiennes – ont mis en lumière un élément passé inaperçu. Aux côtés de combattants irakiens, au moins cinq membres des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ainsi qu’un combattant houthiste, la rébellion yéménite soutenue par Téhéran, ont été tués. Trois composantes de l’« axe de la résistance », devenues désormais des piliers majeurs de la stratégie régionale iranienne, étaient réunies sur un même théâtre d’opérations.
Ce réseau d’alliés et de groupes armés soutenus par l’Iran pour contrer l’influence israélienne et américaine au Moyen-Orient a pourtant subi de lourds revers depuis l’attaque terroriste contre Israël menée par le Hamas (l’une des composantes de cet axe) le 7 octobre 2023, et la guerre qui s’est ensuivie à Gaza. Nombre de partisans d’une confrontation directe avec Téhéran, en Israël comme aux Etats-Unis, prédisaient l’affaiblissement, voire la chute, du régime iranien et, par ricochet, l’effondrement de son réseau régional lors des frappes américaines et israéliennes. Or, loin d’avoir disparu, l’« axe de la résistance » semble aujourd’hui se recomposer autour des milices irakiennes proches de Téhéran et des houthistes au Yémen.
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