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Moyen Orient 5 min de lecture

Le Canada ne participera « jamais » à l’offensive contre l’Iran, assure Carney

Source: Radio Canada
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, lors de la période des questions à la Chambre des communes, le 10 mars 2026.  Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, lors de la période des questions à la Chambre des communes, le 10 mars 2026. Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

La Presse canadienne

Le premier ministre Mark Carney a déclaré mardi aux députés de la Chambre des communes que le Canada n'était pas impliqué dans la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran et qu'il « n'y participera jamais ».

Le premier ministre a modifié son emploi du temps pour assister à la période de questions de mardi après avoir été critiqué pour ne pas avoir répondu aux parlementaires au sujet de la position du Canada sur la guerre en Iran.

Peu de questions sur le conflit ont été adressées à M. Carney mardi. Les conservateurs ont préféré interroger le premier ministre sur la sécurité publique, l'inflation et l'abordabilité.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a toutefois soulevé la question de la guerre en Iran et a critiqué M. Carney pour faire le tour du monde à la Marco Polo.

M. Blanchet a demandé à M. Carney de communiquer aux parlementaires sa vision du Moyen-Orient.

La politique du Canada est claire : le Canada soutient la nécessité d'empêcher le programme nucléaire de l'Iran et l'exportation du terrorisme, a avancé le premier ministre.

Le Canada ne participe pas aux opérations offensives des États-Unis et d'Israël, et n'y participera jamais, a ajouté M. Carney.

Un appel avec Macron

Le chef bloquiste a ensuite demandé à M. Carney s'il avait rencontré les dirigeants européens et s'ils étaient parvenus à une position commune sur l'Iran.

Le premier ministre a énuméré les dirigeants du G7 avec lesquels il s'était entretenu, y compris le président américain, Donald Trump, et a mentionné qu'ils trouveraient une position commune sur la désescalade en Iran.

Ça prendra encore beaucoup de dérives des continents pour que les États-Unis soient en Europe, a rétorqué M. Blanchet, faisant référence à l'aspect européen de sa question.

En fin d'après-midi, le cabinet de M. Carney a d'ailleurs précisé dans un communiqué que le premier ministre s'était entretenu avec le président français, Emmanuel Macron.

Le président français Emmanuel Macron et le premier ministre canadien Mark Carney prennent la pause à Kananaskis, en Alberta.
Le président français Emmanuel Macron et le premier ministre canadien Mark Carney prennent la pause au G7 à Kananaskis, en Alberta. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Pool

Il y est précisé que les deux dirigeants ont échangé sur l'escalade de la situation au Moyen-Orient, ont condamné les frappes menées par l'Iran contre les civils et ont souligné qu'il était nécessaire d'ouvrir un accès sécuritaire au détroit d'Ormuz.

Ils ont convenu de renforcer la coordination entre les partenaires du G7 et de rester en contact étroit à mesure que la situation évolue, peut-on lire dans le communiqué.

Un peu plus tôt mardi, le chef conservateur, Pierre Poilievre, s'était fait demander s'il appuierait l'envoi de troupes canadiennes en Iran pour une mission offensive.

Soulignant qu'il n'y avait actuellement aucune proposition en ce sens, M. Poilievre a ajouté qu'il n'allait pas appuyer une proposition [qu'il n'a] même pas vue.

Une absence remarquée

Plusieurs députés de l'opposition ont reproché lundi au premier ministre de ne pas s'être présenté à un débat sur la guerre en Iran que le gouvernement lui-même avait lancé.

Il a même dû faire face à quelques huées de la part des députés conservateurs qui lui reprochaient son absence lundi. Le député conservateur de la Colombie-Britannique, Frank Caputo, a même crié à un moment donné : Merci d'être venu!

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, et le ministre de la Défense, David McGuinty, ont participé au débat de lundi en l'absence de M. Carney.

Anita Anand prend la parole lors du débat sur la guerre au Moyen-Orient, le 9 mars 2026.
La ministre des Affaires étrangères a défendu les positions de son chef. Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

M. Carney n'était pas présent, car il assistait à un iftar communautaire, un événement organisé au coucher du soleil pour rompre le jeûne quotidien pendant le ramadan, selon son programme de lundi.

M. Carney n'a pas non plus assisté à la période de questions lundi.

Les règles parlementaires interdisent aux députés de faire des déclarations à la Chambre au sujet de personnes qui ne sont pas présentes, mais beaucoup ont souligné pendant le débat que M. Carney ne leur avait pas encore expliqué la position du Canada sur la guerre ni répondu à leurs questions.

À un moment donné, M. Poilievre a tenté de souligner l'absence de M. Carney. Il a été interrompu par le président.

Ces derniers jours, le premier ministre a été accusé d'incohérence dans son approche de la guerre.

Alors qu'il avait initialement soutenu les frappes aériennes comme moyen d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, M. Carney a avancé quelques jours plus tard que ce soutien était « à regret », car les États-Unis et Israël n'avaient pas respecté le droit international lorsqu'ils avaient lancé les hostilités.

Il a ensuite essuyé davantage de critiques lorsqu'il a refusé d'exclure la participation du Canada à la guerre. M. Carney a fait cette déclaration en réponse à une question et a indiqué qu'il s'agissait d'une situation hypothétique.

La leader parlementaire du Bloc, Christine Normandin, a déclaré que la décision de M. Carney de ne pas participer au débat s'inscrit dans une tendance observée par son parti tout au long de sa première année au pouvoir – à savoir une certaine forme, au pire de mépris, mais au mieux d'indifférence, envers le travail parlementaire.

Pour sa part, le chef du NPD, Don Davies, a affirmé que la décision de M. Carney de ne pas participer au débat était inacceptable.

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