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Moyen Orient 4 min de lecture

La crise du détroit d’Ormuz en chiffres

Des pétroliers sont ancrés dans le détroit d'Ormuz au large de l'île de Qechm, en Iran, le samedi 18 avril 2026.  Photo : Associated Press / Asghar Besharati
Des pétroliers sont ancrés dans le détroit d'Ormuz au large de l'île de Qechm, en Iran, le samedi 18 avril 2026. Photo : Associated Press / Asghar Besharati

Au cours des deux derniers mois, les États-Unis et l'Iran ont tous deux cherché à exercer un contrôle sur le détroit d'Ormuz. Le transport maritime dans cet axe crucial pour le transport mondial des hydrocarbures demeure presque à l’arrêt. Voici un survol de la situation en chiffres.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, ce détroit par lequel transite environ un quart du pétrole mondial est devenu le théâtre d'un bras de fer entre les États-Unis et l’Iran.

Téhéran a rapidement bloqué le détroit d’Ormuz en riposte aux attaques américaines et israéliennes. Pour arrêter le transport de pétrole iranien, les États-Unis ont répliqué avec un blocus naval sur les ports iraniens le 13 avril.


Le trafic maritime au cours des deux derniers mois n’est qu’une fraction de ce qu’il était en 2025. Un peu plus de 800 navires ont traversé le détroit entre le 28 février 2026 et le 20 avril 2026, comparativement à plus de 7100 au cours de la même période en 2025.

Selon la firme d'analyse de données maritimes Kpler, (nouvelle fenêtre) entre le 20 avril et le 24 avril, 30 navires ont franchi le passage.


La mainmise de l'Iran

Jusqu'au début du blocus américain, l'Iran a autorisé le passage de certains navires dans le détroit. De nombreux bateaux considérés comme étant amis de l'Iran ont également franchi le détroit après avoir reçu une autorisation de Téhéran.

Selon Bloomberg, l’Iran exigerait jusqu'à 2 millions de dollars américains par navire en droits de passage. La semaine dernière, un haut responsable du Parlement iranien a confirmé que Téhéran a perçu ses premiers revenus des péages, sans préciser le montant total.


Le détroit a été rouvert pendant quelques heures le 17 avril après des discussions de paix. Des dizaines de navires ont tenté de le franchir. Treize pétroliers ont réussi à passer, mais la plupart ont fait demi-tour lorsque l'Iran a refermé le détroit, le lendemain, en riposte au blocus américain.

Le blocus des États-Unis

Donald Trump affirme que les États-Unis ont désormais un contrôle total sur le détroit d'Ormuz et que les navires ne peuvent ni entrer ni sortir du détroit sans l'approbation de la marine américaine.

Washington a déclaré que les forces américaines maintiendront ce blocus aussi longtemps que nécessaire.

Dans le contexte de son blocus, Washington a ordonné à 34 navires, des pétroliers pour la plupart, de retourner à leur port, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (nouvelle fenêtre) (CENTCOM).

L'Iran et les États-Unis s'accusent mutuellement de « piraterie ».

  • Le 19 avril, les États-Unis ont ouvert le feu sur un cargo iranien, le Touska, et l'ont arraisonné.
  • Le 22 avril, l'Iran a confirmé qu'il avait saisi deux navires marchands dans le détroit.
  • Le 23 avril, les États-Unis ont arraisonné un immense pétrolier, le Majestic X, dans l'océan Indien, affirmant qu'il était impliqué dans la contrebande de pétrole iranien.

Passage risqué

Dans ce contexte, plusieurs compagnies maritimes et leurs assureurs estiment que le risque est trop grand pour entreprendre le passage du détroit.

Selon la plateforme d'IA maritime Windward, environ 860 bateaux sont coincés dans les eaux du golfe Persique.

Plus de 20 000 marins demeurent bloqués près du détroit d'Ormuz, selon l’Organisation maritime internationale.


Une grande partie de ces vaisseaux proviennent du Panama.


Les compagnies maritimes craignent notamment la présence de mines. Les Gardiens de la révolution iraniens ont d'ailleurs averti qu’il y a une zone dangereuse de 1400 kilomètres carrés dans laquelle des mines pourraient être présentes.

Selon un reportage du Washington Post (nouvelle fenêtre), le Pentagone aurait déclaré à une commission des forces armées de la Chambre des représentants que l'Iran a placé une vingtaine de mines à l'intérieur et autour du détroit et qu’il faudra six mois pour les retirer.

Le président Donald Trump a réfuté ces informations et a dit qu'il avait ordonné à l'armée américaine de tirer et de détruire tout navire iranien qui poserait des mines dans le détroit.

Enfin, même si une grande partie de la marine iranienne a été détruite par les attaques israéliennes et américaines, le Corps des Gardiens de la révolution islamique a toujours accès à sa flotte moustique, des vedettes qui menacent les navires avec des missiles et des drones.


En date du 24 avril, une trentaine de navires avaient été endommagés par des incidents et 11 personnes avaient été tuées.

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