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Iran 6 min de lecture

L’Iran ferme de nouveau le détroit d’Ormuz face au blocus américain

L'Iran revient sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime. (Photo d'archives)  Photo : Getty Images / AFP / GIUSEPPE CACACE
L'Iran revient sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / AFP / GIUSEPPE CACACE

Agence France-Presse

L'Iran a annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit d'Ormuz en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime stratégique.

Téhéran avait accepté de bonne foi d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux mais les Américains, violant leur engagement, continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus, a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes.

Pour cette raison, la situation est revenue à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict de l'Iran, a-t-il ajouté.

Les Américains ne peuvent imposer leur volonté de faire le siège de l'Iran, a insisté le vice-ministre des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a ensuite révélé que des bateaux iraniens avaient ouvert le feu sur un pétrolier dans le détroit, sans faire a priori de blessés.

Dans le même temps, le guide suprême Mojtaba Khamenei, qui n'a fait aucune apparition publique depuis sa nomination, a prévenu dans un message écrit que la marine se tenait prête à faire goûter à l'ennemi l'amertume de nouvelles défaites.

Cette annonce intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et États-Unis.

23 navires bloqués

Pendant la brève réouverture du détroit, au moins huit pétroliers et méthaniers ont traversé le détroit tôt samedi, selon des données de la société de suivi maritime Kpler. Le site MarineTraffic montrait quant à lui plus d'une dizaine de bâtiments y circulant, dont plusieurs pétroliers, certains semblant faire demi-tour.

Donald Trump.
Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes à bord d'Air Force One, le 17 avril 2026.  Photo : Getty Images / Win McNamee

Après l'annonce par Téhéran de la réouverture du détroit vendredi, Donald Trump avait affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait totalement en vigueur jusqu'à la fin des négociations, et qu'il continuerait si aucun accord n'était atteint à l'issue des négociations.

Depuis le début du blocus, 23 navires ont obéi à l'ordre des forces américaines de faire demi-tour, a indiqué samedi sur X le commandement central américaindans un nouveau bilan.

La reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu'un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par cette voie maritime.

Trump parle beaucoup

Vendredi, M. Trump a déclaré à l'AFP qu'un accord de paix était très proche et affirmé que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations alors que les États-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique – ce qu'elle dément.

Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ces stocks de matière fissile.

M. Trump tweete et parle beaucoup. C'est parfois confus, contradictoire, a ironisé samedi M. Khatibzadeh depuis le forum diplomatique d'Antalya, en Turquie.

Saeed Khatibzadeh s'adresse aux journalistes.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, s'adresse aux journalistes lors du Forum diplomatique d'Antalya en Turquie, le 18 avril 2026.  Photo : Reuters / Umit Bektas

En coulisses, les tractations se poursuivent : le chef de l'armée et le premier ministre du Pakistan, un des pays médiateurs, ont bouclé des visites diplomatiques, en Iran d'une part et en Arabie Saoudite, au Qatar et en Turquie d'autre part.

Le chef de la diplomatie égyptienne Badr Abdelatty, également présent à Antalya, a dit travailler sans relâche au côté du Pakistan pour un accord final espéré dans les tout prochains jours.

Des pourparlers directs entre Iran et États-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, se sont tenus le 11 avril à Islamabad, mais ont échoué. De nouvelles discussions pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent.

Selon le vice-ministre des Affaires étrangères iranien samedi, aucune date n'a été fixée pour de nouvelles discussions.

Rare signe de retour à la normale, l'Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l'offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports, dont les deux les plus importants de Téhéran.

Accord permanent espéré par le Liban

Au Liban, l'autre front de la guerre, l'armée israélienne a annoncé avoir établi une ligne jaune de démarcation dans le sud du pays, comme à Gaza, et avoir frappé des suspects s'en approchant.

L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de dix kilomètres de profondeur depuis la frontière, après le cessez-le-feu entré en vigueur vendredi avec le mouvement pro-iranien Hezbollah, et en attendant des discussions en vue d'un accord permanent entre le Liban et Israël, en état de guerre depuis 1948.

Malgré cette trêve, le président français Emmanuel Macron a annoncé qu'un militaire français avait été tué et trois ont été blessés samedi dans le sud du Liban, lors d'une attaque contre des Casques bleus.

Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah, a indiqué M. Macron.

Une personne assise à l'arrière d'un camion
Des personnes se dirigent vers le sud du Liban sur l'autoroute de Saïda, le 18 avril 2026. Photo : Getty Images / Ryan Murphy

Depuis son déclenchement début mars, le conflit a fait côté libanais près de 2300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes. Nombre de ces déplacés ont entrepris de regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

La situation n'est toujours pas stable, explique Samah Hjoul, mère de quatre enfants, déplacée de la banlieue sud sous une tente sur le front de mer de Beyrouth, où elle préfère pour l'instant rester. Nous ne nous sentons pas en sécurité, j'ai toujours peur qu'il se passe quelque chose la nuit sans que je ne puisse prendre mes enfants et m'enfuir avec eux.

Vendredi, le premier ministre Benyamin Nétanyahou avait prévenu qu'Israël n'avait pas encore fini le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah.

Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié : Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des États-Unis. Ça suffit!!! a-t-il martelé.

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