Le vice-président américain estime qu’il est «très difficile» de faire de la diplomatie avec Téhéran, puisque c’est Ali Khamenei qui «prend les décisions», quand le président «n’a pas vraiment d’importance».
Par Adrien Bez
JD Vance est un vice-président des États-Unis quelque peu désemparé. Alors que des négociations entre l’Iran et les États-Unis sont prévues ce vendredi à Oman, notamment sur la question du nucléaire, le dirigeant juge que «la diplomatie» avec Téhéran est «extraordinairement difficile». La Maison-Blanche peine en effet à trouver le bon interlocuteur dans la partie iranienne. «Je ne comprends pas leur système», a déploré JD Vance mercredi dans une interview pour l’émission The Megyn Kelly Show, animée par Megyn Kelly, ancienne journaliste de Fox News.
Le vice-président rappelle qu’en Iran, les décisions sont prises par le guide suprême Ali Khamenei, quand le président Masoud Pezeshkian «n’a que peu d’importance». Les États-Unis ont, jusqu’à maintenant, surtout échangé avec le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, qui sera l’interlocuteur de l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, vendredi à Oman. «Visiblement, il parle avec le guide suprême», avance JD Vance. «C’est un pays très particulier avec lequel négocier, lorsqu’on ne peut même pas s’adresser à la personne qui le dirige. [...] Tout est plus compliqué. Toute la situation est absurde.»
Xi et Poutine au téléphone, mais pas Khamenei
À titre de comparaison, le vice-président explique que Donald Trump peut «décrocher son téléphone et appeler Poutine» lorsqu’il a quelque chose à lui dire. Même chose pour Xi Jinping et d’autres dirigeants de «pays avec lesquels nous (les États-Unis) entretenons des relations très hostiles». «Même la Corée du Nord !», souligne JD Vance, qui rappelle que Donald Trump a pu rencontrer Kim Jong-un en juin 2019. Et de conclure : «Il est étrange que nous ne puissions même pas simplement discuter avec les dirigeants iraniens. Cela complique considérablement la diplomatie.»
Téhéran et Washington ont officiellement confirmé mercredi que des discussions se tiendraient vendredi à Oman, levant le doute qui planait sur ces pourparlers. Donald Trump maintient toutefois la menace d’une intervention militaire si le régime n’accepte pas une série de revendications américaines, dont la question du nucléaire. Le président américain a assuré que le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, «devrait se faire beaucoup de soucis».