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Hôtels flamboyants, villas de luxe et comptes en Suisse : l'empire financier caché de Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien

Le nouvel homme fort de la République islamique s'est bâti un empire immobilier, contournant les sanctions et la vigilance des autorités. (Photo Amir Kholousi/Isna/Wana Via Reuters)
Le nouvel homme fort de la République islamique s'est bâti un empire immobilier, contournant les sanctions et la vigilance des autorités. (Photo Amir Kholousi/Isna/Wana Via Reuters)

Le discret Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême iranien, serait à la tête d'un vaste empire d'investissements opaques en Occident. Revue de portefeuille.

Propriétés luxueuses à Londres, hôtels cinq étoiles, comptes bancaires en Suisse… Le discret Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême iranien, serait à la tête d'un vaste empire d'investissements opaques en Occident, malgré les sanctions américaines imposées contre sa personne et le régime des mollahs depuis plusieurs années.

Le nouvel homme fort de la République islamique aurait ainsi réussi à contourner les sanctions et la vigilance des autorités européennes en passant par des sociétés écrans et des comptes bancaires en Suisse, au Royaume-Uni, au Liechtenstein et aux Emirats arabes unis, selon Bloomberg. 

L'empire financier parallèle des mollahs

L'agence de presse a pu identifier une douzaine de biens immobiliers dans les quartiers les plus prestigieux de Londres, notamment sur la célèbre « Billionaires' Row, » ou « l'avenue des milliardaires, » dans le nord de la capitale. Parmi eux, une maison acquise pour 33,7 millions de livres sterling (près de 40 millions d'euros) en 2014. Mais aussi des hôtels cinq étoiles à Francfort et dans le sud-ouest de Majorque, en Espagne.

A Paris, le réseau derrière ces acquisitions a cédé une section d'un immeuble en 2023. L'enquête précise que Mojtaba Khamenei a évité de mettre ces actifs à son propre nom, mais aurait été directement impliqué dans les transactions.

Peu avant sa mort en 1989, l'ayatollah et fondateur de la République islamique d'Iran, Rouhollah Khomeini, avait ordonné la création d'une entité, connue sous le nom de « Setad », pour gérer et vendre les nombreux biens immobiliers abandonnés par les Iraniens ayant pris la fuite, afin de redistribuer les bénéfices aux plus démunis.

Mais sous la houlette de son successeur Ali Khamenei, cette oeuvre charitable s'est transformée en une tentaculaire machine à cash, détenant des parts dans les principales entreprises du pays, notamment des banques, des assurances, des compagnies pétrolières et le plus grand opérateur de télécommunications iranien. Et de devenir ainsi l'un des conglomérats étatiques les plus importants du Moyen-Orient.

Un homme discret

Pour gérer cette manne financière, en plus des revenus du pétrole, l'Iran a appris à fonctionner sous sanctions, en bâtissant une économie parallèle destinée à faire circuler l'argent en dehors des circuits bancaires internationaux. Pour y parvenir, le régime a contourné des banques exposées aux sanctions, eu recours à des sociétés écrans, utilisé une flotte pétrolière fantôme et, plus récemment, les cryptomonnaies.

Une image qui contraste avec celle mise en avant par les médias d'Etat iraniens, qui présentent le guide suprême et sa famille comme menant une vie austère et pieuse. Bien qu'il n'y ait que peu d'indications que la famille utilise ces actifs étrangers pour un train de vie somptueux, cette fortune cachée du jeune Khamenei contredit fortement l'image de piété promue par le régime, écrit Bloomberg.

Mojtaba Khamenei, 56 ans, a été choisi le 8 mars par l'Assemblée des experts, un collège de 88 membres appartenant au clergé chiite, pour succéder à son père comme guide suprême. Il est l'un des six enfants de l'ex-guide suprême, tué le 28 février à 86 ans après plus de trois décennies à la tête de l'Etat.

Avec Bloomberg

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