Agence France-Presse
Donald Trump a de nouveau critiqué mercredi le refus des alliés des États-Unis de les aider à sécuriser le détroit d'Ormuz, voie stratégique bloquée par l'Iran à la suite des frappes américano-israéliennes, et fait planer la menace d'un désengagement de Washington.
Le président américain est depuis quelques jours très agacé par le refus des principaux alliés de Washington au sein de l'OTAN, parmi lesquels le Canada, la France et le Royaume-Uni, d'aider les États-Unis à ouvrir ce passage par où transitaient avant la guerre près de 20 % du pétrole brut mondial.
Je me demande ce qui se passerait si on en finissait avec ce qu'il reste de l'État terroriste iranien, et qu'on laissait les pays qui s'en servent – pas nous – être responsables du soi-disant "détroit"? Ça ferait se bouger certains de nos "alliés" non réactifs, et vite!!! a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Donald Trump multiplie les propos contradictoires à ce sujet.
Dans la seule journée de mardi, il a qualifié d'erreur vraiment stupide le refus de nombreux pays de l'OTAN de porter assistance aux États-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, a assuré que leur assistance n'était finalement pas nécessaire, et a déclaré que Washington aimerait avoir un peu d'aide pour y détecter des mines.
Dans le même temps, l'armée américaine a frappé à coups de bombes antibunker des sites iraniens de missiles près du détroit d'Ormuz, par lequel transite également en temps normal près de 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL).
Les membres de l'OTAN sont justement en discussion pour trouver le meilleur moyen de rouvrir le détroit d'Ormuz, a pour sa part assuré le secrétaire général de l'alliance.
Nous sommes bien sûr tous d'accord pour dire que le détroit doit être rouvert. Et ce que je sais, c'est que les alliés travaillent ensemble et discutent de la manière de procéder, de la meilleure façon d'y parvenir, a déclaré Mark Rutte, en déplacement dans le nord de la Norvège pour l'exercice Cold Response.
Frappes contre des installations pétrolières
Une frappe menée mercredi par Israël et les États-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'État.
Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières du gisement de South Pars/North Dome, situées dans la ville portuaire de Kangan, ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste, a déclaré la télévision, citant le gouverneur adjoint de la province méridionale de Bouchehr.
Elle a ajouté que des équipes de pompiers avaient été dépêchées sur les lieux pour maîtriser l'incendie.
L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990.
Israël avait déjà frappé des installations iraniennes de ce site au cours de la guerre des 12 jours de juin 2025.
Combien de cargos passent par le détroit d'Ormuz?
Voici quelques éléments – faits et chiffres – au sujet des bateaux qui ont emprunté le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre déclenchée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, le 28 février.
Navigation proche de zéro
Le détroit enregistre habituellement environ 120 passages par jour, selon le site d'information maritime Lloyd's List.
Mais du 1er au 18 mars, seuls 105 navires transportant des marchandises ont emprunté le détroit, d'après la société d'analyse Kpler, soit une baisse du trafic de plus de 95 %.
60 pétroliers et méthaniers
Soixante des navires qui ont emprunté le détroit étaient des pétroliers et des méthaniers, dont près de six sur dix étaient chargés, selon les données de Kpler.
Les trois quarts des passages ont été effectués par des navires quittant le Golfe.
35 navires sous sanctions
Environ un tiers des navires qui ont emprunté le détroit faisaient l'objet de sanctions américaines, européennes ou britanniques, selon une analyse des données de passages réalisée par l'AFP.
Au total, 17 d'entre eux naviguaient sous pavillon iranien.
Pétrole pour la Chine
La majeure partie du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz était destinée à l'Asie, principalement à la Chine, a indiqué, dans un rapport publié lundi, Natasha Kaneva, analyste spécialiste des matières premières à la banque JPMorgan.
Selon ce rapport, la Chine a reçu plus d'un million de barils de brut par jour acheminés par le détroit, soit un volume bien inférieur à celui d'avant la guerre, qui approchait les 5 millions quotidiens.
1,3 million de barils de pétrole iranien
Au total, 98 % du trafic pétrolier observable dans le détroit était d'origine iranienne, avec une moyenne de 1,3 million de barils par jour début mars, selon Natasha Kaneva.