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Iran 5 min de lecture

Trump menace de bombarder l’Iran faute d’accord

Un militaire américain sur un bâtiment de guerre en mer d'Arabie, le 20 avril 2026.  Photo : Getty Images / Handout
Un militaire américain sur un bâtiment de guerre en mer d'Arabie, le 20 avril 2026. Photo : Getty Images / Handout

Agence France-Presse

Donald Trump a menacé mercredi de bombarder l'Iran avec une « intensité bien plus forte qu'avant » si les dirigeants iraniens ne concluaient pas d'accord avec les États-Unis.

Si l'Iran accepte de donner ce qui a été convenu, ce qui est peut-être une supposition importante, la déjà légendaire opération "Fureur épique" sera terminée, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, en ajoutant : S'ils n'acceptent pas, les bombardements commenceront, et ce sera, malheureusement, à un niveau et avec une intensité bien plus forte qu'avant.

Une proposition américaine pour mettre fin à la guerre est toujours en cours d'examen par l'Iran, a déclaré mercredi le porte-parole de la diplomatie iranienne.

L'Iran examine toujours le plan et la proposition américaine, a affirmé Esmaïl Baghaï, cité par l'agence de presse Isna. Une fois que l'Iran aura arrêté sa position, il la communiquera à la partie pakistanaise, pays médiateur entre Téhéran et Washington, a-t-il ajouté.

Les États-Unis et le Pakistan, médiateur dans les discussions avec l'Iran, avaient pourtant plus tôt exprimé leurs espoirs d'une reprise des négociations en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient qui a ébranlé l'économie mondiale.

Les marchés financiers avaient salué mercredi ce regain d'optimisme, les bourses européennes gagnant plus de 2 % et les cours du pétrole plongeant sous les 100 $.

Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre engagée le 28 février par les États-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Alors que le blocage a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril, Washington a imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom (Projet Liberté) pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit.

Compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniensle projet sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé, a écrit mardi le président américain sur son réseau Truth Social.

Donald Trump a annoncé la suspension de son « Opération Liberté » d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si « un accord pouvait être finalisé et signé » avec l'Iran, après ce que le président américain a qualifié de « grands progrès » dans les négociations. Raphaël Bouvier-Auclair fait le point.

Bon espoir

Il a précisé que cette pause avait été décidée notamment à la demande du Pakistan, tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens.

Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays avait accueilli des négociations directes entre l'Iran et les États-Unis le 11 avril, a dit avoir bon espoir que l'actuelle dynamique aboutira à une paix durable.

La fin du Projet Liberté est probablement survenue lorsque Trump a réalisé que le recours à la force allait non seulement échouer à produire le résultat escompté, mais fermerait également la porte aux premiers véritables signes d'une voie négociée, a estimé sur X l'analyste Ali Vaez, de l'International Crisis Group.

Selon deux responsables américains et deux autres sources au fait du dossier cités par le site américain Axios, la Maison-Blanche estime être sur le point de conclure un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin au conflit et à établir un cadre en vue de négociations nucléaires plus approfondies.

L'armée israélienne est toutefois prête à reprendre une opération forte et puissante en Iran, a affirmé mercredi son chef, le lieutenant-général Eyal Zamir.

L'Iran a envoyé son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, en Chine, principal pays acheteur de pétrole iranien.

À l'occasion de sa visite, il a abordé les négociations en cours sans commenter une éventuelle reprise. La question du détroit d'Ormuz a fait l'objet de discussions approfondies, et nous avons évoqué la nécessité de respecter les droits de la République islamique d'Iran ainsi que l'ensemble des points de vue existants, a-t-il ajouté sur la télévision d'État.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a de son côté réclamé un arrêt complet des hostilités au Moyen-Orient et appelé États-Unis et Iran à rouvrir le plus vite possible le détroit d'Ormuz.

Il a aussi défendu le droit légitime de l'Iran au nucléaire civil, alors que ce dossier est l'un des points d'achoppement pour la reprise des discussions avec Washington.

Les États-Unis et Israël accusent l'Iran de chercher à obtenir l'arme nucléaire, ce qui est vivement démenti par Téhéran.

La visite de M. Araghchi intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue le 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Front libanais

Sur le font libanais, l'armée israélienne a annoncé avoir mené de nouvelles frappes dans plusieurs zones du Liban contre des cibles du mouvement pro-iranien Hezbollah, après avoir appelé la population de 12 villages à évacuer.

Le ministère de la Santé libanais a fait état de quatre morts dans l'est du pays dans un bombardement israélien. Les hostilités entre Israël et le Hezbollah se poursuivent malgré un cessez-le-feu entré en vigueur 17 avril.

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