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La Coalition des volontaires valide des garanties de sécurité « robustes » pour l’Ukraine

Source: Radio Canada
Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron et Keir Starmer, assis côte à côte derrière une grande table, se serrent les mains après avoir signé un document officiel.
Le président français Emmanuel Macron, le premier ministre britannique Keir Starmer et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont signé une déclaration d'intention sur le déploiement d'une force multinationale après un cessez-le-feu en Ukraine lors de la réunion de la « Coalition des volontaires » à l'Élysée, le 6 janvier 2026, à Paris. Photo : Getty Images / Tom Nicholson

Agence France-Presse

Les 35 pays de la « Coalition des volontaires » ont validé mardi la « déclaration de Paris » détaillant des « garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable » en Ukraine, a annoncé le président français Emmanuel Macron, qui a salué une « convergence opérationnelle » entre ses membres.

La Coalition des volontaires, qui regroupe les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, du Canada, de l'OTAN et de l'UE, s'est réunie dans la capitale française en présence des deux émissaires de Donald Trump sur l'Ukraine, Steve Witkoff et Jared Kushner.

La trentaine de dirigeants a abouti à la signature d'une déclaration d'intention conjointe sur le déploiement d'une force multinationale après un cessez-le-feu en Ukraine. Cette force, formée par les pays volontaires de la coalition, sera menée par les Européens et soutenue par les États-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française.

Ce déploiement devra apporter une forme de réassurance, le jour d'après le cessez-le-feu, a détaillé Emmanuel Macron, saluant une avancée considérable. Cette déclaration reconnaît pour la première fois une convergence opérationnelle entre cette coalition, l'Ukraine et les États-Unis, avec des garanties de sécurité robustes.

Cette déclaration commune, signée près de quatre ans après le début de l'invasion russe en février 2022, intègre notamment des mécanismes de surveillance du cessez-le-feu placés sous leadership américain, a détaillé M. Macron.

Des dispositifs de solidarité et d'intervention en cas de nouvelle attaque russe sont également prévus, sans que l'on sache précisément à quel niveau les Américains s'impliqueraient dans cette hypothèse.

Les garanties de sécurité sont en grande partie finalisées et permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, ce sera définitivement, a pour sa part salué Steve Witkoff.

[Les garanties de sécurité sont] la clef pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l'Ukraine [de la part de la Russie].

Une citation deEmmanuel Macron, président de la France, en conférence de presse

Garanties de sécurité : pas seulement des paroles, selon Zelensky

Le président ukrainien a salué l'élaboration de documents substantiels sur les garanties de sécurité occidentales pour l'Ukraine, à l'issue de la réunion.

Il est important que la coalition dispose aujourd'hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles, a déclaré Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse, se félicitant de contenu concret démontrant une détermination à œuvrer pour une sécurité réelle.

Il a été déterminé quels pays sont prêts à prendre la tête des éléments de garantie de sécurité sur terre, dans les airs, en mer et dans la reconstruction de l'Ukraine, a-t-il poursuivi.

Selon M. Zelensky, il s'agit aussi de déterminer comment la force et la taille appropriées de l'armée ukrainienne seront soutenues et financées par les alliés de Kiev.

Il a aussi fait état de progrès significatifs avec les négociateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, avec qui sont discutées des garanties de sécurité bilatérales, en plus de celles collectives, ainsi que des mécanismes de surveillance des violations de la paix en cas d'accord avec Moscou.

Selon le président ukrainien, les garanties de sécurité offertes à l'Ukraine doivent être fondées sur des obligations juridiques. Il a qualifié le résultat du sommet de Paris de grand pas en avant tout en assurant que ce n'est pas suffisant, pas encore.

Photo de groupe rassemblant les dirigeants qui ont participé au Sommet de la Coalition des volontaires.
Les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, du Canada, de l'OTAN, de l'UE et deux émissaires clé de Donald Trump sur l'Ukraine, dont Steve Witkoff (à droite, au premier rang), se sont retrouvés à l'Élysée, à Paris le 6 janvier 2026.  Photo : Reuters / LUDOVIC MARIN

De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré après la réunion : Nous devrons sûrement faire des compromis pour atteindre la paix en Ukraine.

Nous ferons tout notre possible, avec ténacité, réalisme et clairvoyance, pour parvenir au meilleur résultat possible, à savoir un cessez-le-feu stable, une garantie de sécurité solide et une paix en Europe qui lie étroitement l'Ukraine et les Européens et que nous construirons ensemble, a-t-il ajouté.

Des Français dans la force de réassurance

Plusieurs milliers de soldats français pourraient être déployés pour maintenir la paix en Ukraine après la signature d'un cessez-le-feu avec la Russie, dans le cadre du déploiement de la force multinationale de la Coalition, a affirmé mardi soir Emmanuel Macron.

Ce ne sont pas des forces qu'on engage au combat, mais une force de réassurance, a-t-il ajouté sur France 2.

Des troupes canadiennes sur le terrain : seulement une possibilité pour le moment

Présent au sommet à Paris, le premier ministre canadien Mark Carney a promis le soutien du Canada à l'Ukraine, s'engageant, aux côtés des autres pays membres de la Coalition, à protéger l'Ukraine contre de nouvelles invasions russes si un accord de paix viable est conclu.

Les négociations sur la paix et les garanties de sécurité pour l'Ukraine sont à 90 % de l'objectif, a-t-il affirmé, précisant que c'était l'avis du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui est également à Paris. Mark Carney s'est dit optimiste compte tenu du momentum actuel et a ajouté que les derniers aspects d'un éventuel accord de paix devront être négociés entre l'Ukraine, la Russie et les États-Unis.

Plus tôt dans la journée, il a déclaré aux journalistes que l'envoi de troupes canadiennes sur le terrain n'est qu'une possibilité à ce moment.

Pas de troupes italiennes au sol en Ukraine

La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré avoir informé les alliés européens de l'Ukraine et les envoyés américains qu'elle excluait l'envoi de troupes italiennes au sol dans le cadre de garanties de sécurité apportées à Kiev une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie.

En réaffirmant le soutien de l'Italie à la sécurité de l'Ukraine, conformément à ce qui a toujours été fait, la présidente [du conseil] Meloni a rappelé certains points clefs de la position du gouvernement italien sur la question des garanties, en particulier l'exclusion de l'emploi de troupes italiennes au sol, a indiqué son bureau dans un communiqué, à l'issue de la réunion.

La dirigeante d'extrême droite soutient résolument l'Ukraine, mais elle a répété à de nombreuses reprises que Rome n'enverrait pas de troupes pour défendre un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie.

Mme Meloni, qui a qualifié la réunion de constructive et concrète, a déclaré que les garanties feraient partie d'un ensemble d'accords plus vaste.

Les garanties seraient adoptées en coordination avec les États-Unis afin de garantir la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine, notamment grâce à un mécanisme efficace et global pour surveiller le cessez-le-feu et renforcer les forces militaires de l'Ukraine, a-t-elle indiqué selon le communiqué.

L'ombre du Groenland et du Venezuela

Avant son départ pour Paris, le premier ministre polonais Donald Tusk avait néanmoins relevé les limites de cette déclaration d'intention, évidemment suspendue à la fin des hostilités par l'entremise d'un accord de paix ou d'un cessez-le-feu.

Nous voudrions tous des mesures beaucoup plus concrètes [...] mais cela requiert de toute évidence de la bonne volonté du côté de l'agresseur russe également.

Une citation deDonald Tusk, premier ministre de la Pologne

Les contours opérationnels de la force multinationale restent d'ailleurs encore flous, d'autant que certains pays ont maintenu une certaine prudence sur leur contribution.

Comme l'Italie, qui a réitéré mardi son refus d'envoyer des soldats en Ukraine, ou encore l'Allemagne, dont les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, mais seulement dans un pays membre de l'OTAN, voisin de l'Ukraine, selon le chancelier Friedrich Merz.

Donald Tusk.
Donald Tusk, premier ministre polonais (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Leon Neal

L'opération américaine au Venezuela et les déclarations de Donald Trump dans la foulée appelant à une mainmise américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, seront sans aucun doute un sujet, relevait Donald Tusk avant son départ pour Paris.

Les Européens ont ostensiblement choisi de ne pas condamner fermement l'intervention américaine au Venezuela, soucieux de le ménager au moment où les tractations politiques se sont à nouveau intensifiées sur l'Ukraine depuis novembre, sous l'impulsion de Washington, en vue d'un accord avec la Russie pour mettre fin à près de quatre ans de guerre.

En parallèle, nouvelle manifestation du jeu d'équilibriste diplomatique auquel ils s'astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie, ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain.

Les États-Unis ne sont pas membres de la Coalition des volontaires, créée en mars par la France et le Royaume-Uni pour apporter des garanties de sécurité à l'Ukraine dans le cadre d'un éventuel cessez-le-feu. Mais leur soutien à Kiev reste crucial, y compris pour convaincre les autres alliés de s'engager.

Les ministres des Affaires étrangères du G7 devaient par ailleurs tenir une réunion téléphonique à 20 h, heure d'Europe centrale (14 h HNE).

Secret militaire

Si les dirigeants pouvaient acter les contributions des différents pays de la coalition à cette mission militaire, ils n'en dévoileront que ce que le secret militaire permet de dire, a prévenu un conseiller d'Emmanuel Macron. Il ne faut donc pas s'attendre à connaître les effectifs de cette force ou les contributions des États prêts à y participer, comme la France et le Royaume-Uni.

Côté français, le chef de l'État pourrait en dire davantage jeudi lorsqu'il recevra la classe politique pour faire le point.

Une convergence des opinions au sein de la Coalition des volontaires semble moins complète s'agissant des négociations de paix menées par les États-Unis parallèlement, avec l'Ukraine et la Russie.

Le président russe Vladimir Poutine.
Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, en Russie, le 30 décembre 2025. Photo : Reuters / Mikhail Metzel

Une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre et des appels entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine n'ont pas permis d'avancer sur le principal nœud, soit les concessions territoriales exigées par Moscou. Le sujet sera à nouveau évoqué à Paris avec les émissaires américains.

Le Kremlin a fait connaître son intention de durcir sa position après avoir accusé l'Ukraine d'avoir voulu viser avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que Kiev dément.

Le chef de l'État russe a répété ces dernières semaines que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine par la voie des négociations ou par celle des armes.

Des frappes russes ont touché lundi une clinique à Kiev, tuant deux personnes.

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