Une nouvelle tentative de médiation américaine se profile en Ukraine. Jared Kushner et Steve Witkoff ont rencontré le président russe à Moscou, avant d'aller à Kiev, pour tenter de débloquer les discussions sur les conditions d'un accord mettant fin à la guerre. Le Kremlin a promis l'arrêt des frappes sur Kiev pendant trois jours.
Les négociations reprennent de plus belle. Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, ont atterri à Moscou ce samedi, avec une nouvelle proposition américaine pour tenter de mettre fin au conflit. « Nous les avons envoyés pour voir si nous pouvions faire avancer les choses, et il y a une bonne chance pour que nous y parvenions », a affirmé le président américain aux journalistes, depuis le Bureau ovale.
Après avoir rencontré l'émissaire russe Kirill Dmitriev, Steve Witkoff et Jared Kushner se sont entretenus avec Vladimir Poutine, avant de gagner l'Ukraine dimanche pour rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Moscou reste silencieux
Donald Trump n'a pas précisé le contenu de la proposition américaine, ni indiqué si elle impliquait des concessions territoriales de la part de l'Ukraine, comme il l'avait laissé entendre par le passé. « Nous avons une idée pour la paix », s'est-il borné à déclarer.
Ce sera la première fois que Jared Kushner et Steve Witkoff se rendront à Kiev, ville ravagée par la guerre. Les deux émissaires américains se sont déjà rendus à Moscou, pour la dernière fois en janvier.
Volodymyr Zelensky a proposé de respecter un cessez-le-feu avec la Russie pendant toute la durée de leur tournée. « Il n'y aura pas de frappes aériennes de notre part, et la Russie doit, en contrepartie, garantir un cessez-le-feu - sans mener ses propres frappes aériennes - pendant toute la durée nécessaire à la conduite de ces pourparlers », a déclaré le président ukrainien dans son allocution vendredi soir.
Pas de frappes sur Kiev pendant trois jours, selon le Kremlin
Le président ukrainien a par ailleurs dénoncé ce samedi des frappes russes ayant touché les deux aéroports de Kiev dans la nuit, y voyant une volonté de perturber la venue des émissaires américains. « Il est clair que ces frappes russes sur les aéroports constituent une réaction aux discussions et aux préparatifs concernant l'éventualité d'un déplacement de la partie américaine en Ukraine par voie aérienne et d'un atterrissage aux aéroports de Kiev ou de Boryspil », a-t-il déclaré.
Samedi, à la mi-journée, le Kremlin a pris la parole. « Le président russe et commandant en chef suprême (Vladimir) Poutine a donné l'ordre de ne pas frapper Kiev pendant trois jours à compter de minuit aujourd'hui », a déclaré le porte-parole Dmitri Peskov, cité par l'agence TASS. Il a précisé que cette décision était liée « à la préparation et à la tenue de contacts » avec la délégation américaine attendue à Kiev.
Sur le terrain, les attaques se poursuivent également ailleurs dans le pays : aux premières heures de samedi, une frappe russe contre la ville de Kamianske, dans le centre-est de l'Ukraine, a fait au moins quatre morts et cinq blessés, selon les autorités régionales.
Un « problème de personnalité »
La mission de Jared Kushner et Steve Witkoff intervient après le déplacement, rare, du directeur de la CIA John Ratcliffe à Moscou la semaine dernière. Selon le Kremlin, celui-ci a rencontré des responsables des services de renseignement russes. Donald Trump a qualifié cette visite de « semi-routine ».
Depuis son retour à la Maison-Blanche début 2025, le président américain a lancé plusieurs cycles de discussions pour tenter de trouver une issue au conflit, sans avancée tangible jusqu'ici. Il a récemment expliqué la persistance de la guerre par un « problème de personnalité » entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.
Attaque au coeur de Kiev
La relance des discussions intervient alors que les combats s'intensifient des deux côtés. Vendredi, une attaque de drone russe a visé, en plein centre historique de Kiev, le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU). « Le drone visait directement le bureau du chef du service de sécurité », Oleksandre Poklad, a affirmé Volodymyr Zelensky, précisant s'être entretenu avec lui et l'avoir chargé d'« apporter une réponse appropriée et tangible » à l'attaque.
Oleksandre Poklad ne se trouvait pas dans son bureau au moment de la frappe, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Le président ukrainien a ensuite publié sur Telegram deux photos le montrant aux côtés du chef du SBU. « Les zones à cibler ont été identifiées. Le moment sera choisi de manière à garantir une issue favorable », a-t-il écrit.
Des journalistes de l'AFP ont vu de la fumée s'élever au-dessus du centre-ville tandis que les services de secours intervenaient sur place. Quinze personnes ont été blessées, selon l'administration militaire de la capitale, sans que l'on sache si elles se trouvaient dans le bâtiment visé.
Tensions aériennes
Moscou a multiplié ces dernières semaines ses frappes de drones et de missiles sur Kiev et d'autres villes ukrainiennes. De son côté, l'armée ukrainienne a également intensifié cet été ses attaques en Russie, parfois loin du front, affirmant viser des infrastructures logistiques, militaires et énergétiques.
Volodymyr Zelensky a prévenu cette semaine que l'espace aérien russe était désormais devenu dangereux en raison des drones ukrainiens, des déclarations qualifiées de « terroristes » par Vladimir Poutine. Kiev a indiqué mercredi avoir officiellement notifié cette situation à l'Organisation de l'aviation civile internationale. Vendredi, Moscou a demandé à l'organisation de condamner les déclarations ukrainiennes.