Après avoir limogé son populaire ministre de la défense, Mykhaïlo Fedorov, et provoqué la colère de la rue et de l’opposition, le président ukrainien semble avoir contenu la fronde, mais en sort affaibli.
Par Thomas d’Istria
« Fedorov ! Fedorov ! Fedorov ! » Les manifestants sont toujours là, de même que les pancartes et les chants, mais l’ardeur des débuts, elle, semble avoir disparu. Inquiets de voir la mobilisation s’essouffler, les organisateurs avaient appelé à un nouveau rassemblement, vendredi 14 août au soir, à Kiev, non loin des bureaux présidentiels. Quelques centaines de personnes, en majorité de jeunes urbains, ont répondu présent, mais sans retrouver l’élan de ce qui avait été ressenti, un mois plus tôt, comme un immense mouvement susceptible d’influencer les décisions de Volodymyr Zelensky.
Au cœur du séisme : la décision du président ukrainien de se séparer, le 15 juillet et sans véritables explications, de son jeune ministre de la défense, Mykhaïlo Fedorov, 35 ans. Son éviction est intervenue au milieu d’un vaste remaniement gouvernemental, perçu par de nombreux responsables politiques comme un prétexte pour se débarrasser du ministre. Nommé six mois auparavant seulement, ce dernier était déjà crédité d’un certain succès dans la guerre des drones et pour les réformes entreprises dans un ministère jugé désorganisé et miné par la corruption.
Il vous reste 85.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.