Le chancelier conservateur Friedrich Merz a promis, lundi 21 septembre, le maintien de son gouvernement, assurant qu'il en allait de "l'avenir démocratique" de l'Allemagne après de cinglantes défaites électorales face à l'extrême droite et la gauche radicale.
"Nous sommes résolus, ensemble, à être à la hauteur des défis historiques auxquels notre pays est confronté. Il ne s'agit ni plus ni moins que de l'avenir démocratique de notre pays", a-t-il dit devant la presse.
Dans le nord-est du pays, au Mecklembourg-Poméranie occidentale, son parti conservateur, la CDU, ne parvient pas à se faire élire à l'assemblée régionale, n'atteignant pas la barre éliminatoire des 5 %, une première dans l'histoire politique de l'Allemagne depuis 1945.
Le parti antimigrants et prorusse Alternative pour l'Allemagne (AfD) est arrivé en tête avec environ 38 % des voix, même si c'est une alliance de la gauche qui semble en meilleure position pour former l'exécutif régional.
À Berlin, la gauche radicale de Die Linke devance avec 25 % des voix la CDU (20 %), et est en position de lui ravir la mairie. L'AfD est aussi en forte progression, avec environ 15 % des suffrages.
Pour la CDU, deux défaites s'ajoutent à celle du 6 septembre face à l'AfD dans une autre région de l'Est, la Saxe-Anhalt, qui avait déjà déclenché une vague de spéculations sur un départ prématuré du chancelier.
"Nous allons continuer de travailler ensemble"
Alors que les doutes font bon train depuis des jours sur son avenir à ce poste, le chancelier est intervenu dès l'annonce de ses défaites électorales dimanche pour assurer qu'il maintiendra le cap de ses réformes, en dépit de sa forte impopularité.
Les sociaux-démocrates ont assuré vouloir rester au gouvernement, mais ont signifié que le gouvernement devait revoir sa copie quant aux retraites notamment. Interrogé sur le sujet, Friedrich Merz n'a pas voulu se prononcer quant aux changements à apporter.
"Je veux parler avec les sociaux-démocrates, avec les deux chefs du parti, de comment nous allons continuer de travailler ensemble. Mais le fait de continuer de travailler ensemble est, selon moi, la bonne chose à faire", a-t-il dit.
Le chancelier considère que l'action de son gouvernement a conduit à une légère amélioration de l'économie du pays, en crise depuis plusieurs années à cause notamment de la concurrence chinoise, de prix énergétiques trop élevés, mais que beaucoup restait à faire.
"Que tout cela ne suffit pas encore, nous le savons. Nous savons que nous avons un sérieux problème d'adhésion, que nous ne parvenons plus à toucher une partie importante de la population", a-t-il ajouté.
Avec AFP
