RÉCIT - Artère vitale du commerce mondial, le détroit a déjà fait l’objet d’importantes opérations navales américaines et françaises, il y a quarante ans.
Par Arnaud De La Grange Correspondant à Londres
Du temps de leur gloire maritime et coloniale, les Portugais ne s’y étaient pas trompés. Dès l’orée du XVIe siècle, le navigateur Afonso de Albuquerque obtient du souverain d’Ormuz que l’île passe sous souveraineté portugaise, donnant ainsi au « premier empire global » le contrôle de l’entrée du golfe Persique. Déjà, le détroit avait une haute valeur stratégique, qui n’a cessé de grandir au fil des siècles.
Sous le règne des rois d’Ormuz, l’île volcanique était une importante place marchande - un « hub », dirait-on aujourd’hui comme lorsqu’on parle de Dubaï -, où étaient déchargées les cargaisons en provenance d’Asie et de l’océan Indien. Les Ottomans tentent sans succès de ravir l’île aux Portugais, avant que ceux-ci ne s’inclinent devant les Anglais en 1622. L’Angleterre est alors alliée aux Perses de Shah Abbas, dont les soldats sont débarqués sur l’île par des navires de la Compagnie britannique des Indes orientales. Donald Trump n’a pas encore reproché cette fâcheuse union…