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Carney a bien fait de signer un accord avec la Chine, selon Trump

Source: Radio Canada
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré vendredi qu'il s'agissait d'une « bonne chose » pour Mark Carney de signer un accord commercial avec la Chine.  Photo : Getty Images / Anna Moneymaker
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré vendredi qu'il s'agissait d'une « bonne chose » pour Mark Carney de signer un accord commercial avec la Chine. Photo : Getty Images / Anna Moneymaker

Le président américain Donald Trump estime que le premier ministre Mark Carney a bien fait de signer un accord commercial avec la Chine sur les véhicules électriques, bien que plusieurs membres de son administration mettent Ottawa en garde.

C'est ce qu'il devait faire. C'est une bonne chose pour [Mark Carney] de signer un accord commercial. Si vous pouvez conclure un accord avec la Chine, vous devez le faire, n'est-ce pas? a-t-il dit aux journalistes à sa sortie de la Maison-Blanche, vendredi.

Des membres de son administration ont toutefois mis Ottawa en garde contre l'importation de véhicules électriques chinois sur le marché canadien.

Plus tôt vendredi, le gouvernement Carney a conclu un accord avec Pékin pour autoriser l'importation de 49 000 véhicules électriques chinois par année, à un tarif préférentiel de 6,1 %, en échange d'une réduction des droits de douane chinois sur les produits canadiens à base de canola.

Je pense qu'ils regretteront sûrement cette décision, a averti le secrétaire aux Transports des États-Unis, Sean Duffy, lors d'une activité organisée dans une usine de Ford en Ohio, vendredi.

Sean Duffy au moment de s'adresser aux journalistes lors d'une conférence de presse en décembre 2025.
Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Heather Diehl

De son côté, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a qualifié la décision d'Ottawa de « problématique », déclarant aussi que le gouvernement Carney pourrait regretter sa décision.

Il y a une raison pour laquelle nous ne vendons pas beaucoup de voitures chinoises aux États-Unis. C'est parce que nous avons des droits de douane pour protéger les travailleurs américains de l'automobile et les Américains contre ces véhicules, a-t-il expliqué en entrevue sur la chaîne télévisée américaine CNBC.

Des critiques à Québec

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, estime d'ailleurs qu'il s'agit d'un choix malavisé, alors que le Canada s’apprête à renégocier un accord commercial avec les États-Unis.

Le chef du Parti québécois s'adresse aux journalistes lors d'un point de presse.
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Notre partenaire naturel depuis des siècles, c'est les États-Unis. […] Les Américains peuvent regarder ça et dire : "Vous êtes en train de former une alliance avec un pays pour lequel nous, on a vraiment des réserves importantes." […] Donc, ça peut avoir énormément d'impact dans les prochains mois, a-t-il prévenu, lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.

Une menace pour la sécurité nationale

Le gouvernement Carney s'est aussi attiré les critiques des conservateurs à Ottawa, qui l'accusent de menacer la sécurité nationale du Canada.

Le premier ministre Mark Carney doit expliquer comment il est passé de déclarer avant les élections que la Chine était "la plus grande menace pour la sécurité" du Canada à annoncer après les élections "un partenariat stratégique" avec Pékin, a dénoncé le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, sur X.

Une voiture électrique chinoise, il y a plein de capteurs, de caméras, et le régime communiste chinois peut imposer aux compagnies d'automobile de se servir de ces autos pour faire de l'espionnage sur le territoire, a aussi déploré le lieutenant pour le Québec du Parti conservateur, Pierre Paul-Hus.

Pourquoi investir dans la défense nationale si ce n'est pas important? D'un côté, on fait une brèche à notre sécurité et, de l'autre, on va investir en défense pour protéger le territoire, a-t-il ajouté en entrevue à Zone économie, sur les ondes d'ICI RDI.

Même son de cloche pour le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Ce dernier s'inquiète que le gouvernement canadien se rapproche de la Chine, alors que le rapport final de l’enquête publique sur les ingérences étrangères concluait que la Chine représentait l’auteur le plus actif d’ingérence étrangère".

Pour sa part, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a dénoncé cet accord, craignant que l'arrivée des véhicules électriques chinois sur le marché canadien ne détruise l’industrie ontarienne de l’automobile.

À l'inverse, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s'est réjoui de cette annonce. La province est le plus important producteur de canola du pays et a été touchée de plein fouet par les droits de douane chinois.

Avec les informations de Reuters et de La Presse canadienne

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