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Carney ne regrette « pas du tout » son discours à Davos malgré les menaces de Trump

Source: Radio Canada
En conférence de presse lundi, le premier ministre a dit considérer les menaces américaines comme une tactique de négociations commerciales.  Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
En conférence de presse lundi, le premier ministre a dit considérer les menaces américaines comme une tactique de négociations commerciales. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Mark Carney a affirmé lundi qu’il ne regrette « pas du tout » son discours prononcé la semaine dernière à Davos, dans lequel il a accusé les grandes puissances de coercition économique.

J'ai décrit la situation actuelle, il faut être honnête, a répondu le premier ministre à une question de Radio-Canada lors d’un point de presse à Ottawa, en marge d’une annonce sur une bonification de 25 % du crédit pour la TPS pour les cinq prochaines années. Quelques grandes puissances utilisent l'intégration pour la coercition, [pour] changer les politiques d'un pays ou d’un autre, a-t-il ajouté.

C’est ce qui justifie, selon lui, la nécessité pour le Canada de diversifier ses partenariats, notamment avec des pays comme la Chine.

La semaine dernière, le Canada a conclu un accord avec la Chine pour autoriser l'entrée sur son marché de 49 000 véhicules électriques chinois à un taux tarifaire réduit de 6,1 %, en échange d'une baisse des droits de douane chinois sur les produits du canola, entre autres.

Menaces américaines

Samedi, M. Trump a menacé le Canada d'imposer des droits de douane de 100 % sur tous les produits canadiens entrant aux États-Unis s'il conclut un accord avec la Chine. Le président américain n'a toutefois pas précisé ce qu'il entendait par accord dans son message publié sur les réseaux sociaux.

Dimanche, Mark Carney a assuré que l’accord conclu avec Pékin n’était pas un traité de libre-échange et qu’il respectait ainsi l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). En vertu de l’ACEUM, qui doit être révisé cette année, le Canada ne peut effectivement pas conclure d'accord de libre-échange avec des économies non marchandes sans en informer les États-Unis et le Mexique au préalable.

Lundi, M. Carney a minimisé les menaces du président américain, laissant entendre qu’ils s'inscrivaient dans une stratégie de négociation commerciale.

Nous entrerons bientôt en négociation ou en révision de notre accord avec les États-Unis et le Mexique. Le président est un négociateur aguerri et je pense que certains de ses commentaires et prises de position doivent être replacés dans ce contexte plus large.

Une citation deMark Carney, premier ministre du Canada

Nous avons un partenariat économique et sécuritaire remarquable avec les États-Unis, a ajouté le premier ministre. On peut améliorer ces partenariats, mais c'est une question de négociation, pas de discours.


Rentrée parlementaire

L’annonce sur la bonification du crédit pour la TPS de M. Carney survient le jour de la reprise des travaux parlementaires à Ottawa.

Dans une lettre ouverte adressée samedi à Mark Carney, intitulée Il est temps de passer de la rhétorique à la réalitéle chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, a promis de coopérer avec les libéraux de Mark Carney lors de la prochaine session parlementaire.

Tout en critiquant le bilan de M. Carney, le chef du Parti conservateur du Canada dit notamment vouloir accélérer l'adoption de mesures visant à conclure des accords commerciaux, à rendre les produits alimentaires plus abordables, à réformer le système de cautionnement et à approuver des projets d'envergure.

Lundi, le premier ministre a salué l’offre de M. Poilievre, affirmant qu’il y aura bientôt plusieurs occasions pour collaborer. Il a également invité les autres partis de l’opposition, notamment le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique à faire de même.

J'ai hâte de collaborer avec M. Poilievre et les autres chefs, a déclaré Mark Carney.


Pas d'élections au printemps?

Avant le début de la pause parlementaire, le 11 décembre dernier, la Chambre a adopté deux projets de loi – C-4 et C-12 – qui seront maintenant soumis au Sénat pour examen.

Le projet de loi C-4 modifie les taux marginaux d’imposition sur le revenu des particuliers, élimine la taxe carbone pour les consommateurs et instaure un remboursement temporaire de la TPS pour les premiers acheteurs d’une maison. La taxe carbone était à zéro depuis avril, mais ce projet de loi l’abolit par voie législative.

Le projet de loi C-12, une version révisée d’un projet de loi frontalier, introduit de nouvelles mesures pour aider l’Agence des services frontaliers du Canada à lutter contre le trafic de drogue et d’armes à feu et le vol de véhicules, ainsi que des modifications controversées au régime canadien des réfugiés et des demandeurs d’asile.

Enfin, M. Carney, qui est à la tête d’un gouvernement minoritaire, a assuré qu’il ne cherche pas à déclencher de nouvelles élections fédérales au printemps dans l’espoir de décrocher une majorité.

Nous avons le privilège d’avoir obtenu un mandat des Canadiens lors des dernières élections, a dit le chef libéral. Lors de la campagne électorale, nous avons été très clairs quant à nos intentions et nous invitons le Parlement à nous appuyer dans cette démarche.

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