TÉMOIGNAGES - Principaux concernés par la proposition de loi sur l’interdiction des réseaux sociaux, les adolescents sont les grands absents du débat public. Le Figaro leur a donné la parole.
Par Agnès Leclair
Imaginent-ils leur vie sans TikTok, Instagram ou Snapchat ? Alors que la proposition de loi d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans arrive à l’Assemblée nationale ce lundi 26 janvier, les mineurs vont peut-être bientôt devoir se passer d’une partie de leur vie en ligne et de leur sociabilité numérique.
« Si mes comptes étaient supprimés, je perdrais une partie de moi-même. Je ferais tout pour les récupérer. On m’enlèverait des souvenirs qui seraient impossibles à retrouver. Je perdrais aussi le contact de certains amis avec qui je communique seulement sur les réseaux. C’est ridicule. » À 14 ans, comme nombre d’adolescents, Manon* ne voit pas arriver d’un très bon œil le projet d’Emmanuel Macron d’interdire les réseaux sociaux en dessous d’un certain âge, 15 ou 16 ans.
La perspective d’une loi restrictive ne la bouleverse pas pour autant. « Les enfants, de nos jours, ils peuvent contourner ces règles comme ils veulent », prévient-elle, mettant en doute l’efficacité…