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Iran 6 min de lecture

Les États-Unis ont subi une « défaite honteuse », affirme le guide suprême iranien

Source: Radio Canada
Des bateaux dans le détroit d'Ormuz, à Musandam (Oman), le 29 avril 2026.  Photo : Reuters / Stringer
Des bateaux dans le détroit d'Ormuz, à Musandam (Oman), le 29 avril 2026. Photo : Reuters / Stringer

Agence France-Presse

Le guide suprême iranien a affirmé jeudi que les États-Unis avaient subi une « défaite honteuse » face à son pays, en pleine remontée des tensions qui ont fait brièvement bondir les cours du pétrole à 126 $ US le baril, un niveau inédit depuis 2022.

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les États-Unis imposent un blocus des navires iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Alors qu'un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure pendant des mois si nécessaire, la République islamique a durci le ton et affiché son mépris pour son ennemi.

Deux mois après le plus grand déploiement militaire et l'agression menés par les tyrans de ce monde dans la région, et après la défaite honteuse des États-Unis, un nouveau chapitre s'ouvre pour le Golfe et le détroit d'Ormuz, a lancé le guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, dans un message écrit. Blessé dans des frappes, il n'a pas été vu en public depuis sa nomination.

Sur le même ton victorieux, le président iranien Massoud Pezeshkian avait auparavant assuré que toute tentative d'imposer un blocus maritime à son pays était vouée à l'échec.


Des Iraniens brandissent des drapeaux iraniens.
Des Iraniens lors d'un rassemblement organisé à Téhéran le 29 avril 2026 pour manifester leur soutien au nouveau guide suprême iranien, l'ayatollah Mojataba Khamenei. Photo : Getty Images / Agence France-Presse

Côté américain, l'armée se targue pourtant du succès de cette opération, avec des dizaines de pétroliers empêchés, selon elle, de quitter l'Iran.

Donald Trump a jugé le blocus un peu plus efficace que les bombardements, dans un entretien avec le site américain Axios. Mais, selon le même média, le président américain devait être breffé jeudi par l'armée sur de possibles nouvelles actions militaires.

La guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie n'a pas retrouvé ses droits.

Hautement efficace

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 $ US, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Après ce coup de chaud, le baril a reflué autour de 114 $ US,.

En Iran, si la vie a repris son cours, entre cafés bondés et promeneurs profitant du temps printanier, des habitants oscillent entre détresse et fatalisme, sur fond de détérioration de la situation économique et d'affaiblissement de la monnaie.

C'est tellement démoralisant, témoigne Morteza, un informaticien téhéranais joint par une journaliste de l'AFP à Paris : La République islamique est toujours en place, des innocents ont vu leurs vies détruites lors de cette guerre, dit-il, alors que plane la menace d'une reprise des hostilités.

Les États-Unis cherchent probablement une action militaire décisive qui obligerait l'Iran à capituler. Cela ne fonctionnera pas, a prévenu sur X Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'Université de Tel-Aviv.

Ce que 40 jours de frappes soutenues n'ont pas réussi à obtenir ne sera pas soudainement réalisé par des attaques dans le détroit d'Ormuz, des assassinats de dirigeants, ou même des frappes sur des infrastructures civiles.

Une citation deDanny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'Université de Tel-Aviv



Lors d'un entretien téléphonique, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les conséquences dommageables qu'aurait une nouvelle action militaire contre l'Iran pour l'ensemble de la communauté internationale.


Le président américain Donald Trump s'exprime dans le bureau ovale.
Le président américain devait être breffé jeudi par l'armée sur de possibles nouvelles actions militaires contre l'Iran. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Tasos Katopodis

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions en baisse d'objectifs d'entreprises vulnérables à ces soubresauts.

Selon le Wall Street Journal, l'administration américaine a demandé à ses ambassades d'œuvrer à convaincre ses alliés de rejoindre une coalition internationale chargée de sécuriser la voie maritime. Les capitales occidentales ont jusqu'ici fait la sourde oreille à de telles sollicitations.

Au total, 42 bateaux ont été interceptés à ce jour alors qu'ils tentaient de violer le blocus et 41 pétroliers ne peuvent pas quitter l'Iran, a détaillé l'amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, qui a jugé le blocus hautement efficace.

25 milliards de dollars

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a eu droit mercredi à des critiques sévères lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit.

Le chef du Pentagone a révélé que la guerre en Iran avait coûté 25 milliards de dollars jusqu'à présent, la justifiant par une question : Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire?

Pete Hegseth parle, un doigt levé.
Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a témoigné devant le Comité des forces armées de la Chambre des représentants, mercredi. Photo : Getty Images / Win McNamee

Sur le front libanais, le président Joseph Aoun a appelé Israël à pleinement mettre en œuvre le cessez-le-feu du 17 avril, avant toute négociation directe de paix entre les deux pays.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, et 1,2 million de personnes sont menacées d'insécurité alimentaire aiguë, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Des chars israéliens vus dans un village détruit dans le sud du Liban.
Des chars israéliens vus dans un village détruit dans le sud du Liban. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / AFP/JALAA MAREY

Manifestation à Beyrouth

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est lui aussi alarmé de l'étranglement de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

Et la Banque centrale européenne (BCE) a averti de l'intensification des risques pour l'inflation et la croissance en zone euro.

Sur le front libanais, neuf personnes dont deux enfants ont été tuées dans des frappes israéliennes dans le sud du pays, selon les autorités, tandis que le président Joseph Aoun a condamné les violations persistantes de la trêve par Israël, entrée en vigueur le 17 avril.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.

Des dizaines d'habitants et de responsables locaux du sud du Liban ont manifesté jeudi à Beyrouth contre la destruction de leurs villages par Israël.

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