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«Le temps est compté» : Donald Trump menace l'Iran d’une attaque «bien pire» que la précédente, Téhéran assure être préparée

Source: Le Figaro
U.S. President Donald Trump speaks to reporters about the Israel-Iran conflict, aboard Air Force One on June 24, 2025, while traveling to attend the NATO summit in The Hague in the Netherlands. Brendan Smialowski | Afp | Getty Images
U.S. President Donald Trump speaks to reporters about the Israel-Iran conflict, aboard Air Force One on June 24, 2025, while traveling to attend the NATO summit in The Hague in the Netherlands. Brendan Smialowski | Afp | Getty Images

«Espérons que l’Iran acceptera rapidement de "s’asseoir à la table" et de négocier un accord juste et équitable», a écrit le président américain ce mercredi sur son réseau social.

Par Le Figaro avec AFP

Donald Trump a pressé l'Iran, mercredi 28 janvier, de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que «le temps était compté» avant une attaque américaine contre Téhéran.

«Espérons que l'Iran acceptera rapidement de "s'asseoir à la table" et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES», a écrit le président américain, menaçant d'une attaque «bien pire» que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

L’Iran «répondra comme jamais» en cas d’attaque américaine

L’Iran «répondra comme jamais» en cas d’agression américaine, a réagi la mission iranienne à l’ONU sur X mercredi, après les menaces de Trump. «L’Iran se tient prêt pour un dialogue basé sur le respect et les intérêts mutuels - mais s’il on le pousse, il se défendra et répondra comme jamais!», dit le message posté en réaction à une prise de parole de Donald Trump sur Truth Social.

Plus tôt dans la journée, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait appelé les Américains, s’ils voulaient engager des pourparlers, à «cesser les menaces, les demandes excessives»«Faire de la diplomatie tout en formulant des menaces militaires ne peut être ni efficace, ni utile», a-t-il déclaré à la télévision, assurant que Téhéran n’avait «pas cherché à négocier».

Le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui affirmé mercredi que les jours de régime iraniens «sont comptés», un mois après le déclenchement d’un mouvement de contestation réprimé dans le sang.

«Désescalade»

Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la Révolution islamique de 1979. Le porte-avions Abraham Lincoln - dont la localisation précise n’est pas connue - est arrivé lundi avec son escorte dans le Golfe. Pour conjurer la menace d’intervention, l’Iran multiplie les contacts diplomatiques.

Le président Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour une attaque contre l’Iran, arguant du «respect de la souveraineté de la République islamique». Côté qatari, le premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, «le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade».

Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et l’émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l’importance de «travailler à la désescalade» et «créer les conditions nécessaires à la reprise du dialogue»«Il est mauvais de relancer la guerre», a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, appelant Washington à reprendre les pourparlers sur le dossier nucléaire, gelés par l’attaque israélienne de juin.

L’Iran déterminée à riposter

Dans le même temps, l’Iran affiche sa détermination à riposter en cas d’attaque et a prévenu qu’il considérerait les pays voisins comme «hostiles» si leur territoire était utilisé pour le frapper. Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d’un blocage du détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.

À Téhéran, de nouveaux panneaux montrant des frappes sur le porte-avions américain et portant des slogans anti-américains sont apparus, ont constaté des journalistes de l’AFP. D’après un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, au moins 6221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation en Iran.

Parmi ces morts, elle a décompté 5856 manifestants, 214 membres des forces de sécurité, 49 passants et 100 mineurs. L’organisation, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17.000 potentielles morts supplémentaires et estime qu’au moins 42.324 personnes ont été arrêtées dans une répression qui se poursuit. Le bilan pourrait être encore plus lourd. Cité par Le Figaro, le docteur irano-allemand Amir-Mobarez Parasta, basé à Munich, évoque plus de 30.000 victimes sur la base d’un décompte effectué dans les hôpitaux iraniens. Un chiffre similaire à celui révélé ce week-end par deux hauts responsables du ministère de la Santé à Time Magazine.

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