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Donald Trump accentue la pression sur l’Iran en déployant un deuxième porte-avions

Source: Radio Canada
Le porte-avions USS Gerald R. Ford doit rejoindre le USS Abraham Lincoln dans la région du golfe Persique. (Photo d'archives)  Photo : Reuters / commandement central des forces navales des États-Unis
Le porte-avions USS Gerald R. Ford doit rejoindre le USS Abraham Lincoln dans la région du golfe Persique. (Photo d'archives) Photo : Reuters / commandement central des forces navales des États-Unis

Agence France-Presse

Un deuxième porte-avions américain va partir « très bientôt » pour le Moyen-Orient, a déclaré vendredi Donald Trump après avoir menacé l'Iran de conséquences « traumatisantes » en cas d'échec des négociations pour un règlement diplomatique de leurs tensions.

Le fils exilé du dernier chah d'Iran a de son côté appelé les Iraniens à de nouvelles actions de protestation après la vague de mobilisation réprimée dans le sang début janvier, parallèlement à des rassemblements prévus samedi à l'étranger.

Le président américain avait brandi la menace d'une intervention militaire en Iran devant la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits de la personne, a fait des milliers de morts.

Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un accord, notamment sur le dossier nucléaire iranien. Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris il y a une semaine à Oman, mais leur poursuite demeure incertaine.


Des passants marchent devant une fresque murale qui représente le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dans une rue de Téhéran, le 7 février 2026.
Des passants marchent devant une fresque murale qui représente le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dans une rue de Téhéran, le 7 février 2026. Photo : Reuters / Majid Asgaripour

Il faut passer un accord, sinon ce sera très traumatisant pour l'Iran, a encore averti jeudi M. Trump, qui avait qualifié les discussions du 6 février de très bonnes.

Prochaine phase très dure

Faute d'accord, il a dit qu'il passera à la phase 2, qui sera très dure pour les Iraniens.

Il a rappelé le bombardement par les États-Unis de sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin 2025.

Après l'envoi en janvier dans la zone du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et de navires d'escorte, le président Trump a indiqué vendredi qu'un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, partira très bientôt pour la région.

Une immense fresque antiaméricaine sur un immeuble à Téhéran, en Iran, le 26 janvier 2026.
Une immense fresque antiaméricaine sur un immeuble à Téhéran, en Iran, le 26 janvier 2026. Photo : Reuters / Majid Asgaripour

La nature des cibles que Washington pourrait viser dans le cas d'une intervention n'est pas claire, pas plus que les intentions des États-Unis vis-à-vis des dirigeants iraniens.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, en visite jeudi à la Maison-Blanche, a dit avoir fait part à M. Trump de son scepticisme quant à la qualité de tout accord avec l'Iran.

Il a de nouveau plaidé pour la prise en compte des besoins sécuritaires de son pays, pour qui toute négociation irano-américaine doit inclure, outre le dossier nucléaire, les questions des missiles balistiques iraniens et le soutien de Téhéran aux groupes armés régionaux qui lui sont hostiles.

Le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a quant à lui indiqué vendredi qu'un accord entre l'AIEA et Téhéran sur les inspections du programme nucléaire était possible mais terriblement difficile.

L'Iran avait refusé en novembre que l'AIEA inspecte ses différents sites bombardés en juin.

Le général Dan Caine s'exprime lors d'une conférence de presse.
Le chef d'état-major interarmées des États-Unis, le général Dan Caine, au moment de s'exprimer lors d'une conférence de presse au Pentagone, à Arlington, près de Washington, le dimanche 22 juin 2025, après que l'armée américaine eut frappé trois sites en Iran. Photo : La Presse canadienne / Alex Brandon / Associated Press

Dans le même temps, Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis et qui n'a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a lancé des appels à manifester samedi à Munich, à Toronto et à Los Angeles pour réclamer une action internationale contre l'Iran.

Dans un message publié sur X, il a en outre exhorté les Iraniens de l'intérieur à s'associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans à partir de leurs fenêtres et de leurs toits.

Mardi à Téhéran, à la veille du 47e anniversaire de la Révolution islamique, des Iraniens avaient crié à partir de leurs fenêtres des slogans contre le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par l'AFP.

Libération de réformateurs

Selon le groupe basé aux États-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7005 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations, début janvier, et plus de 53 000 personnes ont été arrêtées depuis.

Parmi elles figurent des membres du courant réformateur, dont la cheffe de la principale coalition des réformateurs, Azar Mansouri, qui a été libérée vendredi sous caution, selon son avocat.

Deux autres figures du camp réformateur, Javad Emamont et Ebrahim Asgharzadeh, ont été aussi libérées jeudi soir, selon des médias iraniens.

Un Iranien de 18 ans, accusé d'avoir tué un policier pendant les manifestations, risque d'être exécuté, a indiqué jeudi l'ONG Iran Human Rights (IHR).

Selon l'IHR, des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d'accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.

Selon les autorités iraniennes, les manifestations ont fait plus de 3000 morts, en grande majorité des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des terroristes, à la solde d'Israël et des États-Unis.

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