Moyen Orient

Le Hamas a accepté la nouvelle proposition pour un cessez-le-feu à Gaza

Auteur: Le Figaro avec AFP Source: Le Figaro
Août 18, 2025 at 11:23
Des combattants du Hamas (image d’illustration). Ramadan Abed / REUTERS
Des combattants du Hamas (image d’illustration). Ramadan Abed / REUTERS

La nouvelle proposition a été soumise ce lundi par les médiateurs égyptien et qatari. Elle prévoit une trêve de 60 jours et une libération des otages en deux étapes.


Le Hamas a répondu positivement à une nouvelle proposition de cessez-le-feu avec Israël à Gaza soumise par les médiateurs égyptien et qatari, a indiqué lundi à l’AFP un responsable du mouvement islamiste palestinien.

«Le Hamas a remis sa réponse aux médiateurs, et confirmé que le mouvement et les factions (palestiniennes) ont accepté la nouvelle proposition de cessez-le-feu sans demander de modifications», a-t-il indiqué sous couvert de l’anonymat. Une délégation du mouvement islamiste a reçu au Caire une nouvelle proposition de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, prévoyant une trêve initiale de 60 jours et la libération en deux étapes des otages, a indiqué lundi un responsable palestinien.

Trêve de 60 jours

Le texte présenté au Hamas au Caire, où le premier ministre qatari a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi, reprend les grandes lignes d’une précédente proposition américaine. Cette nouvelle proposition «se base sur celle de l’envoyé américain (Steve) Witkoff, qui prévoit une trêve de soixante jours et la libération des prisonniers israéliens en deux vagues», selon une source palestinienne proche du dossier.

«La proposition est un accord-cadre pour lancer des négociations sur un cessez-le-feu permanent. Le Hamas tiendra des consultations internes au sein de sa direction» et avec les dirigeants d’autres groupes alliés, a ajouté cette source qui a requis l’anonymat. Selon une source au sein du Jihad islamique, groupe palestinien allié du Hamas, ce plan prévoit un cessez-le-feu de 60 jours en échange de la libération de 10 otages israéliens, et de la restitution d’un certain nombre de corps de captifs.

Selon la source au sein du Jihad islamique, «les captifs restants seraient libérés lors d’une deuxième phase, avec des négociations immédiates à suivre pour un accord plus large» visant à mettre fin à la guerre, avec des garanties internationales. Ceci afin de «contrecarrer le plan de l’occupant visant à occuper Gaza et à en déplacer les habitants».

Les efforts des médiateurs - Égypte, Qatar et États-Unis - ont échoué jusque-là à aboutir à un cessez-le-feu durable dans la guerre qui ravage depuis 22 mois la bande de Gaza, où 19 Palestiniens ont été tués lundi dans des frappes et tirs israéliens. Dans l’après-midi, aucun responsable israélien n’avait encore commenté les discussions en cours en Égypte, où s’est rendu le premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani.

Conquête de la ville de Gaza

Cette relance diplomatique intervient au moment où l’armée israélienne se prépare à conquérir la ville de Gaza et les camps de réfugiés voisins échappant jusque-là à son contrôle, en vertu d’un nouveau plan israélien adopté dans l’objectif affiché d’en finir avec le Hamas et libérer tous les otages.

L’annonce de cette escalade a accru les pressions sur le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, tant de la part de l’opinion publique, qui craint pour le sort des 49 otages encore retenus à Gaza - dont 27 morts selon l’armée - qu’à l’international, où les appels se multiplient pour mettre fin aux souffrances des Gazaouis. Des dizaines de milliers d’Israéliens ont manifesté dimanche à Tel-Aviv pour réclamer la fin de la guerre et le retour des otages, enlevés le 7 octobre 2023 lors de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël qui a déclenché la guerre à Gaza.

La semaine dernière, M. Netanyahou a prévenu qu’Israël n’accepterait qu’un accord «dans lequel tous les otages seront libérés en une seule fois et selon nos conditions pour mettre fin à la guerre» à Gaza, menacée d’une «famine généralisée» selon l’ONU. Sur son réseau Truth social, le président américain Donald Trump a commenté: «Nous ne verrons le retour des otages restants que lorsque le Hamas sera confronté et détruit!!! Plus cela se produira rapidement, meilleures seront les chances de succès».

251 personnes avaient été prises en otage lors de l’attaque du 7-Octobre, qui a causé la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, côté israélien. L’offensive de représailles israélienne à Gaza y a fait 61.944, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire. Depuis le début de la guerre, Israël assiège à Gaza 2,4 millions de Palestiniens, qu’il a soumis début mars à un blocus humanitaire total, ensuite allégé en mai puis de nouveau fin juillet face aux critiques internationales.

«Force internationale»

Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, a indiqué lundi à la frontière entre Gaza et l’Égypte, que son pays était prêt «à contribuer à toute force internationale qui pourrait être déployée à Gaza», à condition qu’elle repose sur «une résolution du Conseil de sécurité, un mandat clair et s’inscrive dans une perspective politique». Il s’est alarmé d’une situation humanitaire «sur le terrain au-delà de toute imagination».

Amnesty International a accusé Israël de mener à Gaza une «campagne de famine délibérée», avec la volonté de «détruire systématiquement la santé, le bien-être et le tissu social de la vie palestinienne». Israël a rejeté à plusieurs reprises les accusations de famine délibérée, et affirme oeuvrer désormais pour laisser entrer plus de vivres.

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