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Iran 5 min de lecture

L’Iran rejette le nouvel ultimatum de Donald Trump

Source: Radio Canada
Donald Trump a fixé l'échéance à lundi soir. (Photo d'archives)  Photo : Getty Images / AFP / BRENDAN SMIALOWSKI
Donald Trump a fixé l'échéance à lundi soir. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / AFP / BRENDAN SMIALOWSKI

Agence France-Presse

Les forces armées iraniennes ont rejeté samedi soir le nouvel ultimatum de Donald Trump, selon lequel le président des États-Unis exige un accord ou le déblocage du détroit d'Ormuz dans un délai de 48 heures. Elles jugent les menaces de « déchaîner les enfers » sur l'Iran « stupides ».

Le président américain agressif et belliqueux, après avoir subi des défaites successives, a entrepris, de façon impuissante, instable, énervée et stupide, de menacer les infrastructures et les biens de l'Iran, a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes.

Avec nos forces armées, nous n'hésiterons pas un seul instant à défendre les droits de notre pays, à protéger nos biens et à remettre tout agresseur à sa place, a ajouté le général Abdollahi, cité par la télévision d'État sur Telegram.

Plus tôt samedi, le président Trump avait donné 48 heures à l'Iran pour conclure un accord ou rouvrir le détroit d'Ormuz, sans quoi les États-Unis déchaîneraient les enfers sur eux.

Vous vous souvenez quand j'ai donné 10 jours à l'Iran pour CONCLURE UN ACCORD ou ROUVRIR LE DÉTROIT D'ORMUZ. Le temps presse - 48 heures avant de déchaîner les enfers sur eux. Gloire à DIEU!, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social en plein week-end pascal.

Le 26 mars, Donald Trump avait lancé un ultimatum de 10 jours à Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, voie maritime critique pour l'économie mondiale et quasiment bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre, à quelques exceptions près.

L'ultimatum avait alors été fixé au lundi 6 avril à 20 h, heure de Washington.

En l'absence d'une réouverture du détroit, le président américain avait menacé de détruire les centrales électriques en Iran. Ce dernier, qui n'a fait aucune apparition publique samedi, a ensuite publié un nouveau message dans lequel il a assuré que beaucoup de hauts responsables militaires iraniens avaient été tués dans une frappe massive à Téhéran, sans préciser quand cette frappe avait eu lieu.

Le compte rendu de Manon Globensky, à Jérusalem

Samedi soir, l'armée iranienne a affirmé qu'en cas d'attaque par l'ennemi américano-sioniste, nous viserons toutes les infrastructures utilisées par l'armée terroriste américaine, ainsi que les infrastructures du régime sioniste, sans exception, lors d'attaques destructrices et ininterrompues.

Depuis le début de cette guerre qui nous a été imposée, nous avons tenu nos promesses, ce message veut dire tout simplement que vous allez ouvrir les portes de l'enfer, a conclu le général Abdollahi.

Centrale nucléaire visée

Au 36e jour de la guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, les autorités iraniennes et l'armée américaine ont parallèlement poursuivi leurs recherches pour retrouver un aviateur américain disparu après l'écrasement d'un avion de combat la veille dans le sud-ouest du pays.

L'Iran a quant à elle annoncé samedi que les navires d'Irak, pays frère, n'étaient pas soumis aux restrictions de navigation dans le détroit, restrictions qui ne s'appliquent qu'aux ennemis.

Plus tôt, la centrale nucléaire de Bouchehr, construite avec l'aide de la Russie, a été visée par une frappe. Seule installation nucléaire civile opérationnelle en Iran, elle a déjà été ciblée à quatre reprises depuis le 28 février, date du début de la guerre.

Selon l'agence de presse Irna, un projectile a touché une zone à proximité de la centrale, où un garde a été tué. Aucun dommage n'a été recensé sur les installations, selon la même source.

La Russie a annoncé que près de 200 des employés du géant nucléaire Rosatom avaient commencé à évacuer la centrale.

Un terminal commercial a été ciblé samedi à un poste frontalier avec l'Irak. On rapporte qu'un ressortissant irakien y a été tué.

Une installation pétrochimique a été visée à Mahshahr (sud-ouest), où cinq personnes ont été blessées, ainsi qu'une cimenterie à Bandar Khamir (sud), où on ne déplore aucune victime, selon des médias iraniens.

Plus de 30 universités ont été également visées depuis le 28 février, selon le ministre iranien des Sciences.

Passages au compte-gouttes

L'Iran dit viser les pays du Golfe qui abritent des intérêts américains, en représailles aux frappes visant son territoire.

Il frappe aussi Israël, où cinq personnes ont été blessées samedi à Tel-Aviv et dans le centre du pays après plusieurs salves de missiles qui ont causé des dégâts matériels, selon les secours.

Samedi soir, l'armée israélienne a annoncé qu'un nouveau missile avait été tiré à partir du Yémen en direction d'Israël. Il s'agit de la cinquième attaque de ce type de la part de ce pays, où les rebelles houthis, alliés de Téhéran, sont entrés dans le conflit la semaine dernière.

Dans le détroit d'Ormuz, les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont dit avoir visé par drone un navire lié à Israël, qui a pris feu dans un port de Bahreïn.

La navigation s'effectue au compte-gouttes dans ce détroit crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz : un second navire appartenant à un armateur turc a pu passer ainsi qu'un bateau battant pavillon indien chargé en gaz de pétrole liquéfié.




Deux manifestations contre la guerre ont eu lieu samedi au Moyen-Orient : à Tel-Aviv, plus d'un millier de personnes se sont rassemblées avant d'être dispersées par la police, qui avait limité l'autorisation à 150 personnes pour des raisons de sécurité.

À Bagdad et ailleurs en Irak, des dizaines de milliers de partisans de l'influent chef chiite Moqtada Sadr se sont rassemblés pour condamner Israël et les États-Unis et réclamer la fin du conflit.

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