Une délégation du mouvement islamiste palestinien Hamas a reçu au Caire une nouvelle proposition de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, prévoyant une trêve initiale de 60 jours et la libération en deux étapes des otages, a indiqué lundi un responsable palestinien.
Les efforts des médiateurs – Égypte, Qatar et États-Unis – n'ont jusqu'à présent pas réussi à aboutir à un cessez-le-feu durable dans la guerre qui ravage depuis 22 mois la bande de Gaza, sous blocus israélien et menacé d'une famine généralisée selon l'ONU.
À la mi-journée lundi, aucun responsable israélien n'avait encore commenté les discussions en cours en Égypte, où s'est rendu le premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, pour pousser à un accord.
De dizaines de milliers d'Israéliens rassemblés dimanche à Tel-Aviv ont réclamé à leur gouvernement la fin de la guerre et la libération des otages enlevés le 7 octobre 2023 lors de l'attaque sans précédent du Hamas en Israël qui a déclenché la guerre à Gaza.
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou fait face à une pression croissante de son opinion publique qui craint pour le sort des 49 otages encore retenus à Gaza, dont 27 sont morts, selon l'armée israélienne, pendant qu'à l'étranger, les appels se multiplient pour mettre fin aux souffrances des Gazaouis.
Depuis le début de la guerre, Israël assiège à Gaza 2,4 millions de Palestiniens, qu'il a soumis début mars à un blocus humanitaire total, ensuite allégé en mai puis de nouveau fin juillet face aux critiques internationales.
Le texte présenté au Caire à la délégation du Hamas reprend les grandes lignes d'une précédente proposition américaine.
Trêve et la libération des otages en deux vagues
Cette nouvelle proposition se base sur celle de l'envoyé américain [Steve] Witkoff, qui prévoit une trêve de soixante jours et la libération des prisonniers israéliens en deux vagues, selon une source palestinienne proche du dossier.
La proposition est un accord-cadre pour lancer des négociations sur un cessez-le-feu permanent. Le Hamas tiendra des consultations internes au sein de sa direction et avec les dirigeants d'autres groupes alliés, a ajouté cette source qui a requis l'anonymat.
Selon une source au sein du Djihad islamique, groupe palestinien allié du Hamas, ce plan prévoit un cessez-le-feu de 60 jours en échange de la libération de 10 otages israéliens et de la restitution d'un certain nombre de corps de captifs.
251 personnes avaient été prises en otages lors de l'attaque du 7 octobre, qui a causé la mort de 1219 personnes, en majorité des civils, côté israélien.
L'offensive de représailles israélienne à Gaza y a fait 61 944 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire.
Selon la source au sein du Djihad islamique, les captifs restants seraient libérés lors d'une deuxième phase, avec des négociations immédiates à suivre pour un accord plus large visant à une fin permanente de la guerre et de l'agression, avec des garanties internationales.
Selon son porte-parole Munther al-Hayek, le Fatah, groupe rival du Hamas, soutient la proposition égyptienne et a appelé le Hamas à l'accepter immédiatement.
Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, a indiqué lundi, lors d'une conférence de presse à Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte que les délégations du Hamas et du Qatar intensifiaient les efforts afin de mettre fin aux assassinats et à la famine systématiques et pour préserver le sang du peuple palestinien innocent.
La situation actuelle sur le terrain est au-delà de toute imagination.
Une citation deBadr Abdelatty, ministre égyptien des Affaires étrangères
Amnistie internationale a affirmé lundi qu'Israël menait à Gaza une « campagne de famine délibérée », avec la volonté de détruire systématiquement la santé, le bien-être et le tissu social de la vie palestinienne.
Israël a rejeté à plusieurs reprises les accusations de famine délibérée, et affirme œuvrer désormais pour laisser entrer plus de vivres.
À Gaza, la Défense civile a fait état d'au moins 11 personnes tuées lundi dans des frappes et tirs israéliens. L'armée n'avait pas commenté ce bilan à la mi-journée.
Sur ordre du premier ministre Benyamin Nétanyahou, elle se prépare désormais à conquérir la ville de Gaza et des camps de réfugiés voisins, avec l'objectif affiché de vaincre le Hamas et de libérer tous les otages.