Agé de 95 ans, l’ancien chef d’Etat, inculpé mercredi aux Etats-Unis pour le meurtre d’Américains, reste une figure centrale de la politique cubaine. Washington semble vouloir appliquer à l’île la même stratégie qu’au Venezuela pour faire tomber le régime.
Par Angeline Montoya
On l’a vu le 1er mai, amaigri et chancelant, mais souriant et toujours vêtu de son uniforme militaire aux côtés de son successeur depuis 2018, le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel. A bientôt 95 ans, l’ancien chef d’Etat Raul Castro a été inculpé aux Etats-Unis, mercredi 20 mai, pour le meurtre d’Américains en 1996. D’aucuns ont vu dans cette décision judiciaire une excuse pour que Washington puisse intervenir sur l’île, enlever et incarcérer l’ancien guérillero, afin de précipiter un changement de régime, à l’instar de ce qui a été fait avec le président vénézuélien, Nicolas Maduro, le 3 janvier.
Mais pourquoi s’en prendre au frère du défunt Fidel Castro, officiellement dégagé de ses responsabilités politiques, et non au président Diaz-Canel ? En réalité, après presque cinquante ans à la tête des Forces armées révolutionnaires (FAR), puis douze ans à celle du pays, entre 2006 et 2018, Raul Castro continue d’être une figure centrale du pouvoir cubain. « Celui qui est véritablement aux commandes de Cuba, c’est toujours Raul Castro, affirme Janette Habel, chercheuse spécialiste de Cuba. Mais il n’est pas seul, il est entouré d’autres personnalités liées aux forces armées, et notamment à Gaesa. »
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