Ukraine

Ukraine : Trump et Poutine se disent prêts à négocier

Auteur: admin Source: Les Echos:::
Février 12, 2025 at 13:57
Le président Volodymyr Zelensky, avec à sa gauche le nouveau ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha, en février à Kiev. (Volodymyr Tarasov/SIPA)
Le président Volodymyr Zelensky, avec à sa gauche le nouveau ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha, en février à Kiev. (Volodymyr Tarasov/SIPA)

 

C'est parti pour un duo. Après s'être une nouvelle fois parlé au téléphone mercredi, Donald Trump et Vladimir Poutine se disent désormais prêts à négocier la fin du conflit en Ukraine. Le Kremlin a fait savoir « être prêt à des pourparlers de paix » pour obtenir « une solution de long terme ». « Nous sommes convenus que nos équipes respectives entament des négociations immédiatement, et nous allons commencer par appeler le président ukrainien Zelensky, pour l'informer de cette conversation », a écrit Donald Trump sur le réseau Truth Social.

Les Américains sont déjà en mode commando. Plusieurs émissaires sont venus spécialement en Europe. L'ancien général Keith Kellogg, émissaire spécial de Donald Trump pour l'Ukraine, a récemment expliqué dans une interview au « New York Post » qu'il fallait engager toute l'administration sur ce dossier que Trump veut finaliser rapidement.

A Bruxelles mercredi, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, qui participait à une réunion de l'Otan, a déclaré qu'un « retour aux frontières de l'Ukraine telles qu'elles étaient avant 2014 est irréaliste », et qu'il n'était pas favorable à l'entrée de Kiev dans l'Otan. De son côté, Scott Bessent, le nouveau Secrétaire au Trésor américain, était mercredi à Kiev où il a rencontré le président ukrainien. « Nous aimerions conclure un accord de coopération économique. Et en échange de cet accord, les Etats-Unis continueront à fournir un soutien matériel à l'Ukraine, à la population », a-t-il déclaré. Cette fin de semaine à Munich pour la conférence sur la sécurité, le vice-président américain J.D. Vance devrait rencontrer Volodymyr Zelensky. Il sera accompagné de Keith Kellogg et du secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Les Ukrainiens proactifs

La difficulté pour les Européens, qui tiennent à participer aux négociations, est énorme. Depuis quelques jours, les Ukrainiens sont de plus en plus proactifs. Après avoir proposé d'assurer aux Etats-Unis un approvisionnement en métaux rares contre une aide militaire américaine, Volodymyr Zelensky a offert « d'échanger un territoire contre un autre » avec Moscou dans une interview au « Guardian ». Le président ukrainien a discuté avec Donald Trump « des possibilités de parvenir à la paix » en Ukraine.

La nouvelle administration Trump est pressée d'en finir. J.D. Vance est l'un des plus fervents supporters d'un retrait rapide de l'aide américaine. « L'Amérique cherche un cessez-le-feu et non pas un accord de paix pour pouvoir se retirer », a constaté Pierre Vimont, ancien ambassadeur à Washington mercredi, lors d'une conférence de l'Institut français des relations internationales (Ifri). « La nouvelle administration considère que les Etats-Unis ont beaucoup trop donné, et que cela suffit. Mais la patate chaude sera toujours là. C'est pourquoi il faut que les Européens agissent maintenant ».

Etre vindicatif

Or, la nouvelle équipe à Washington a peu d'égard pour le lien transatlantique et ses alliés en général, comme l'a récemment montré le lancement d'une guerre commerciale et son refus de signer une déclaration commune au sommet de l'IA. En ce qui concerne l'Ukraine, la tentation est grande de régler, seule avec Moscou, la fin du conflit. « Il va falloir être vindicatif pour participer à la table des négociations », constate Laurence Nardon, directrice du programme Amérique du Nord à l'Ifri.

Plusieurs difficultés existent : la relation avec les Etats-Unis change profondément et les 27 Etats membres ne sont pas tous sur la même longueur d'onde. « Un nouvel ordre de sécurité en Europe risque d'être profondément différent de ce qui existait jusqu'à maintenant. Sur l'Otan, on n'est plus dans le partage de fardeau mais dans le transfert de fardeau », explique Pierre Vimont. C'est un changement complet de paradigme « qui nous fait entrer dans une période d'instabilité et d'incertitude stratégique qui va obliger à penser différemment », insiste-t-il.

Un autre problème tient à la difficulté de présenter une position commune des 27. D'autant que, comme le souligne, Eva Nowotny, vice-présidente du Bruno Kreisky Forum de Vienne, « les Etats-Unis veulent diviser les membres de l'Union européenne et ils le font notamment en infusant l'extrême droite européenne ».

Une solution, à laquelle oeuvre aujourd'hui Paris, serait de bâtir une coalition de quelques pays membres pour manoeuvrer sur le dossier ukrainien. Andrii Sybiha, le ministre des Affaires étrangères ukrainien, était à Paris mercredi pour un dîner avec ses homologues européens à la veille de la conférence sur la sécurité qui démarre vendredi à Munich. Une initiative du Quai d'Orsay, qui a étendu une réunion au format Weimar (France, Allemagne, Pologne) aux chancelleries espagnole, italienne et britannique ainsi qu'à la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas et au commissaire européen chargé de la Défense et de l'Espace, Andrius Kubilius.

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