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France : Marine Le Pen compte se présenter à la présidentielle de 2027

Source: Radio Canada
Marine Le Pen marche, entourée.
Marine Le Pen quitte son procès en appel à Paris. Photo : Reuters / Sarah Meyssonnier



Marine Le Pen compte se présenter à l'élection présidentielle de 2027 à la tête du Rassemblement national, malgré la condamnation maintenue par la Cour d’appel de France délivrée mardi matin. Elle en a fait l’annonce au journal télévisé de 20 h de la chaîne TF1 mardi soir.

J'avais indiqué que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation [...] et que le pourvoi suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique, a-t-elle déclaré au journaliste Gilles Bouleau.

Elle a spécifié du même coup que le président du parti, Jordan Bardella, serait premier ministre si elle était élue présidente l'année prochaine.

Marine Le Pen.
Marine Le Pen tout juste avant son entrevue sur TF1.  Photo : Reuters / Christian Hartmann

Mardi matin, la justice française a tranché que Marine Le Pen pourrait se présenter aux prochaines élections présidentielles françaises de 2027, mais sous bracelet électronique.

La cheffe du Rassemblement national à l’Assemblée nationale a été condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis. Elle a aussi été condamnée à une peine de 45 mois d’inéligibilité, dont 30 mois avec sursis.

Il faut toutefois prendre en compte que le décompte de la peine débute au 31 mars 2025. Théoriquement, Marine Le Pen peut donc se présenter, car elle serait éligible au jour du premier tour.

Mais Marine Le Pen, 57 ans, a également évoqué qu'il ne lui serait pas possible de faire campagne si elle était condamnée à porter un bracelet électronique. Quand on est candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements, a-t-elle affirmé mercredi dernier sur la chaîne LCI.

Elle a reconfirmé mardi soir qu'elle ne ferait pas campagne si elle porte un bracelet électronique.

Si elle avait décidé de ne pas se présenter, Marine Le Pen aurait vraisemblablement laissé sa place à Jordan Bardella, 30 ans, qui a pris en 2022 sa succession à la présidence du parti du Rassemblement national (RN).

Jordan Bardella et Marine Le Pen.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, et Marine Le Pen samedi dernier. Photo : Associated Press / Jean-Francois Badias

Le 31 mars 2025, Marine Le Pen a été reconnue coupable d'avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un système pour payer avec de l'argent du Parlement européen des salariés du Front national (l'ancien nom du parti), qui traversait alors des difficultés financières.

Le détournement de fonds publics au préjudice du Parlement européen a été chiffré à 3,2 millions d'euros (ce qui équivaut aujourd’hui à plus de 5 millions de dollars canadiens), après la déduction de 1,1 million d'euros déjà remboursés par une partie des accusés.

À l’époque, elle a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ferme, 100 000 euros d'amende (ce qui équivalait à cette époque à environ 155 000 $ CA) et surtout une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, brisant son élan vers la présidentielle.

Elle avait alors dénoncé une décision politique des juges et une chasse aux sorcières.

Marine Le Pen entre dans une voiture.
Marine Le Pen lors de sa condamnation en mars 2025. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Abdul Saboor

Après ses échecs au second tour en 2017 et 2022 contre Emmanuel Macron (et au premier tour en 2012), la fille de Jean-Marie Le Pen – figure historique de l'extrême droite française et fondateur du Front national (devenu Rassemblement national en 2018) – a le vent en poupe pour le scrutin de l'année prochaine.

Les sondages la donnent en tête du premier tour, prévu le 18 avril. Fin mai, un institut l'annonçait même gagnante au second tour, le 2 mai, quel que soit l'adversaire.

Le président actuel, Emmanuel Macron, ne pourra pas se représenter, la Constitution française prévoyant une limite de deux mandats d’affilée. Les anciens premiers ministres Gabriel Attal et Édouard Philippe se sont déclarés candidats, tout comme le chef de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

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