Le conflit en Iran permet à Kiev de mettre en valeur les technologies et le savoir-faire développés depuis l’invasion russe de 2022 pour nouer des partenariats avec des pays du Golfe et dans le Caucase.
Par Thomas d’Istria et Louis Imber
Lorsque Volodymyr Zelensky atterrit à Bahreïn, mardi 5 mai, la visite ne suscite nulle réaction particulière. Depuis deux mois, les déplacements du président ukrainien au Proche-Orient et dans le Caucase se sont multipliés au point de devenir routiniers. Riyad, Doha, Abou Dhabi, Amman, Damas, Bakou, Erevan, et désormais Manama : alors que la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran bouleverse la région, Kiev tente d’occuper un espace diplomatique nouveau après s’être longtemps concentré presque exclusivement sur les capitales européennes et Washington.
Cette réorientation diplomatique constitue l’un des changements les plus importants de la politique étrangère ukrainienne depuis le début de l’invasion russe, le 24 février 2022. De fait, le conflit en Iran a ouvert une nouvelle fenêtre d’opportunité, en rendant manifeste la valeur de l’expérience acquise par l’Ukraine, après plus de quatre années de guerre de haute intensité contre la Russie.
« Le statu quo au Proche-Orient est terminé, juge ainsi l’ancien ministre des affaires étrangères ukrainien (2014-2019) et diplomate Pavlo Klimkin. Toute la région comprend désormais qu’elle doit se préparer à des formes d’escalade imprévisibles. Dans ce contexte, un pays qui possède une expérience concrète du combat et un écosystème technologique fonctionnant en temps réel devient extrêmement précieux. »
Il vous reste 83.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.