Le violent tremblement de terre survenu vendredi 28 mars en Birmanie a durement touché la communauté musulmane. Le média en exil “The Irrawaddy” fait état d’un bilan de 500 à 700 victimes.
Le séisme de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie vendredi 28 mars a fait au moins 1 700 morts et les secours sont dépassés. Les fidèles musulmans qui se trouvaient dans les mosquées au moment du tremblement de terre ont été particulièrement touchés. Citant l’organisation musulmane Spring Revolution Myanmar Muslim Network, le média en exil The Irrawaddy évoque un bilan de 500 à 700 fidèles musulmans tués dans des mosquées et une cinquantaine d’édifices détruits, “dont de nombreux bâtiments datant du XIXe siècle, dans les régions de Mandalay et Sagaing”, près de l’épicentre du séisme, dans le centre de la Birmanie.
La vidéo diffusée par The Irrawaddy, visible ci-dessus, montre la panique de fidèles musulmans alors que les édifices s’écroulent. D’autres se tiennent face à des bâtiments complètement détruits et semblent chercher à dégager les décombres. Le média prodémocratie relaie aussi les critiques de musulmans birmans, qui affirment que “les gouvernements successifs ont échoué à faire les réparations nécessaires” pour sécuriser ces mosquées souvent anciennes.
Des mosquées souvent anciennes
Les corps d’au moins 200 musulmans ont été extraits des décombres de trois mosquées dans la ville de Sagaing, rapporte de son côté le média birman en exil Democratic Voice of Burma (DVB). Les fidèles affirment ne pas pouvoir accéder au cimetière musulman pour organiser les funérailles de leurs proches car il se trouve dans une zone militaire. DVB fait par ailleurs état d’un bilan global atteignant les 3 000 morts.
Pays à large majorité bouddhiste, la Birmanie abrite une communauté musulmane estimée à environ 4 % de sa population (environ 54 millions d’habitants), parmi lesquels on retrouve les Rohingyas. Victimes de persécutions, un grand nombre de ces derniers ont été contraints à l’exil.
La junte, qui a repris le pouvoir depuis 2021, a décrété une semaine de deuil national et annoncé la mise en berne des drapeaux en Birmanie, “en signe de compassion pour les pertes humaines et les dégâts causés”. Dans ce pays déjà durement touché par la guerre civile, le travail des secours est rendu d’autant plus difficile que les températures sont caniculaires ce 31 mars, notamment dans la ville de Mandalay.