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Le Japon se lance dans la vente d’armes et le Canada pourrait bien en profiter

Source: Radio Canada
Départ du destroyer Murasame de la base navale de Yokosuka, dans la banlieue de Tokyo, le 24 janvier 2008.  Photo : afp via getty images / TORU YAMANAKA
Départ du destroyer Murasame de la base navale de Yokosuka, dans la banlieue de Tokyo, le 24 janvier 2008. Photo : afp via getty images / TORU YAMANAKA

Le Japon vient d’effectuer un virage historique lui permettant de vendre des armes létales, et Ottawa pourrait en tirer profit.

Le gouvernement de Sanae Takaichi a mis fin à des restrictions pacifistes imposées depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale en annonçant la plus importante refonte de ses règles d’exportation d’équipement militaire depuis des décennies.

Tokyo autorise dorénavant l’exportation d’armes létales allant des navires de guerre aux missiles.

Ces décisions visent à assurer la sécurité du Japon et à contribuer davantage à la paix et à la stabilité de la région ainsi qu’à celle de la communauté internationale dans un contexte où l’environnement sécuritaire évolue rapidement. Aujourd’hui, aucun pays ne peut garantir seul sa propre paix et sa sécurité, a affirmé mardi en conférence de presse le porte-parole principal du gouvernement japonais, Minoru Kihara.

Cette réforme supprime plusieurs catégories qui limitaient les exportations à des équipements non létaux, comme le transport, le sauvetage, le déminage ou la surveillance.

Chaque vente sera désormais évaluée au cas par cas, et il est prévu de maintenir l’interdiction de vendre à des pays en guerre, sauf exception liée à la sécurité nationale japonaise.

Ce changement survient dans un contexte mondial marqué par des tensions accrues et une pression grandissante sur les capacités de production occidentales.

En raison des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, plusieurs alliés des États-Unis cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à renforcer leur autonomie stratégique.

Ottawa, pour sa part, a mis à jour sa stratégie industrielle de défense en février dernier et cherche à développer de nouveaux partenariats.

Le Japon espère se présenter comme une industrie de défense avancée avec des standards technologiques élevés et un alignement politique avec les démocraties occidentales, dont le Canada.

Un certain nombre de pays auraient déjà manifesté leur intérêt pour les équipements japonais, selon le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi.

En plus des transactions, la coproduction et l’innovation offertes par Tokyo semblent avoir un attrait.

Des domaines comme les drones, l’intelligence artificielle ou les technologies spatiales pourraient devenir des axes importants de collaboration entre Tokyo et ses partenaires, dont le Canada.

Pour atteindre les niveaux de stocks militaires nécessaires, nous allons devoir coopérer plus étroitement, notamment en matière de coproduction et de maintien en service. Quand on regarde ce qui se passe dans le monde, cela met en lumière l’importance pour nos bases industrielles combinées d’augmenter leur capacité de production, a déclaré le ministre australien de la Défense, Richard Marles, dans une entrevue accordée au Japan Times.

Tokyo et Canberra ont conclu la semaine dernière un accord pour l’acquisition par l’Australie de trois premières frégates japonaises modernisées de classe Mogami sur un total de onze.

Canberra évoque également des possibilités de développement conjoint de missiles à longue portée et de drones.

De leur côté, les Philippines envisagent l’achat de navires de guerre japonais.

Cela nous permettra d’accéder à des équipements de la plus haute qualité, a salué le secrétaire à la Défense des Philippines, Gilberto Teodoro.

Manille y voit un moyen de renforcer la résilience nationale et la dissuasion régionale au moment où la Chine multiplie les manœuvres agressives.

L'intérêt s'étend également aux membres de l'OTAN en Europe, dont l'Allemagne, l'Italie, la France et la Grande-Bretagne.

Ces pays ont tous manifesté leur intérêt à élargir leur coopération, même l’Ukraine, qui a exprimé son désir de travailler avec le Japon, entre autres pour les drones, la défense aérienne et les partenariats industriels.

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