Outre la volonté d’aider ses alliés à se renforcer dans un contexte sécuritaire dégradé, l’Archipel veut relancer une industrie nationale de défense maîtrisant des technologies de pointe, mais confrontée à une pénurie de personnel et de moyens de production.
Par Philippe Mesmer
Renonçant un peu plus à son strict engagement pacifiste, le Japon met fin à son interdiction d’exporter des armes létales. Validée mardi 21 avril et justifiée par un environnement sécuritaire dégradé et le souhait de relancer l’industrie de défense, la décision enterre un demi-siècle de « retenue » sur ce marché en pleine expansion.
Les cinq catégories non létales, « sauvetage, transport, vigilance, surveillance et déminage », encadrant les ventes de matériel militaire, ont été supprimées. Désormais, l’Archipel peut exporter ce qu’il souhaite. Pour la première ministre, Sanae Takaichi, il s’agit de « contribuer à renforcer les capacités de défense de nos alliés et à garantir la sécurité du Japon ».
Le Japon réservera ces ventes à 17 pays, dont les Etats-Unis, l’Australie, la France et de nombreux pays d’Asie, avec lesquels un accord ad hoc a été conclu. Elles seront validées par le Conseil de sécurité nationale. Les exportations vers les pays en guerre resteront interdites en principe, même si des « circonstances particulières » liées à la sécurité du Japon pourront donner lieu à des exceptions. « Cela ne change en rien notre engagement à respecter, comme nous le faisons depuis quatre-vingts ans, le principe fondamental d’un Etat pacifique », affirme Mme Takaichi.
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