Selon des sources, le président des États-Unis a indiqué que le milliardaire à la tête du DOGE se mettrait prochainement en retrait. Si rien ne permet de conclure à une rupture pure et simple entre les deux hommes, Elon Musk agace le camp républicain et vient de subir un camouflet dans les urnes.
“Le président Donald Trump a indiqué à son proche entourage, notamment à des membres de son cabinet, qu’Elon Musk prendrait du recul au cours des prochaines semaines, lui qui a été jusqu’ici omniprésent en tant que membre de l’équipe gouvernante, bruyant supporteur et coupeur de têtes à Washington”, a rapporté Politico mercredi 2 avril.
D’après les sources du média états-unien, “le président reste satisfait de Musk et de son ‘département de l’efficacité gouvernementale’, mais les deux hommes ont décidé ces derniers jours qu’il serait bientôt temps pour Musk de retourner à ses affaires”.
Politico souligne qu’il y a tout de même eu un “virage dans la relation Trump-Musk : il y a un mois, des responsables de la Maison-Blanche et des alliés des deux hommes prédisaient que Musk ‘ne partirait pas de sitôt’ et que Trump trouverait un moyen de passer outre à la limite des 130 jours”.
“Boulet politique”
En effet, le milliardaire est en principe soumis à cette durée maximale qui s’applique aux “employés spéciaux de l’État”, statut qui a été donné à Elon Musk et qui “l’exempte temporairement de certaines règles en matière d’éthique et de conflit d’intérêts”. À présent, les sources internes indiquent qu’il pourrait bel et bien se mettre en retrait au bout de 130 jours, soit “fin mai ou début juin”.
“La sortie annoncée de Musk survient alors que l’imprévisible milliardaire agace au sein du gouvernement Trump et parmi ses alliés, qui le considèrent de plus en plus comme un boulet politique. Une évolution mise en lumière mardi [1er avril] par la défaite d’un juge conservateur soutenu avec ferveur par Elon Musk, qui a échoué de 10 points à décrocher un siège à la Cour suprême du Wisconsin”, explique Politico.
Dans cet État du Midwest, “l’implication personnelle d’Elon Musk dans la campagne s’est révélée absolument contre-productive”, souligne en effet The New York Times. Toutefois, pour Donald Trump, laisser le milliardaire s’exposer à un camouflet n’avait pas que des désavantages. Elon Musk fait office de “bouc émissaire”, “un bouclier pour un président toujours désireux de ne pas porter le chapeau”, analyse le quotidien de centre gauche.
D’après deux sources du New York Times, “le président n’a aucune intention de couper les liens avec l’homme le plus riche du monde, même lorsque celui-ci aura quitté le gouvernement”.
Une expérience en train de faire long feu
De son côté, Elon Musk a qualifié de “fake news” les informations de Politico, réfutant l’idée que sa position au sein de l’exécutif serait menacée.
Néanmoins, pour The Washington Post, “l’expérience Elon Musk semble être un échec sur le plan politique”. Non seulement les sondages montrent qu’il est globalement impopulaire, tout comme les coupes franches du DOGE dans l’État fédéral, mais sa société phare, Tesla, en fait aussi les frais, avec des ventes et un cours boursier en berne. Son rôle politique nuit désormais à certaines de ses affaires.
“Il n’est pas anodin que Tesla ait vu sa cote grimper mercredi, observe le journal de la capitale fédérale, une hausse qui coïncidait presque exactement avec le moment où Politico annonçait son départ prochain.”
Courrier international
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