Kristi Noem, l’ultra-trumpiste sur la sellette après la mort de deux manifestants à Minneapolis

Source: Le Figaro
Creator: David Dee Delgado  |  Credit: REUTERS
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Alors que le chef de la police de l’immigration américaine (ICE) Gregory Bovino devrait être démis de ses fonctions, les critiques se concentrent à présent sur la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis.

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Kristi Noem est sur la sellette. Alors que Gregory Bovino, le chef de la police de l’immigration américaine (ICE) a été, selon The Atlantic, démis de ses fonctions et devrait être renvoyé à son ancien poste de directeur de patrouille à El Centro, en Californie, les regards se tournent désormais vers la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS). L’ex-gouverneur du Dakota du Sud, un temps pressentie pour être la vice-présidente de Donald Trump, est de plus en plus pointée du doigt comme étant la responsable des conséquences tragiques de l’opération de lutte contre l’immigration illégale menée ces dernières semaines à Minneapolis (Minnesota). Le 7 janvier, Renée Good, qui manifestait contre une opération de l’ICE, a été tuée au volant de sa voiture par un membre de cette unité. Samedi 24, Alex Pretti, un autre manifestant, a été tué à coups de pistolet par des agents fédéraux alors qu’il gisait à terre.

Soutenant mordicus les actions de l’ICE, dont elle a augmenté les effectifs et les pouvoirs, Kristi Noem s’est distinguée ces derniers jours par des déclarations chocs, suscitant de vives indignations et laissant même dubitatifs les partisans du locataire de la Maison-Blanche sur l’approche de son administration face aux deux morts. Après la mort de Renée Good, elle avait assuré que l’Américaine âgée de 37 ans avait commis un acte de «terrorisme intérieur» en tentant de «percuter avec son véhicule» des agents de la police. Concernant Alex Pretti, Kristi Noem a affirmé contre toutes évidences et sabotant de facto toute enquête indépendante, que l’infirmier avait «attaqué» des policiers et «brandissait» une arme.

Une confiance officiellement conservée

Chez les républicains, les voix dissonantes sont peu nombreuses mais commencent à éclore. «Je désapprouve la réaction prématurée du DHS, dirigée par la secrétaire Noem, qui est intervenue avant que tous les faits ne soient connus et a ébranlé la confiance, a par exemple écrit le 26 janvier sur X le sénateur de l’Utah John Curtis. Je travaillerai avec un groupe bipartisan de sénateurs pour exiger un véritable contrôle et une transparence totale (...) Il faut que les responsables de ces opérations témoignent, afin que la confiance soit rétablie et que justice soit rendue.» Deux jours plus tôt, le représentant de New York Andrew Garbarino, a demandé que les directeurs de l’ICE, du Service des douanes et de la protection des frontières et des Services de citoyenneté et de l’immigration, trois agences sous la direction de Kristi Noem, soient auditionnés à la Chambre des représentants par la commission de la sécurité intérieure, qu’il dirige.


Officiellement, Kristi Noem a toujours les grâces du Bureau ovale. Mais pour combien de temps ? La décision d’envoyer Tom Homan, le «Tsar des frontières», superviser les opérations de l’ICE à Minneapolis laisse supposer que, face à cette situation politiquement explosive, Donald Trump souhaite des changements par rapport à l’approche défendue par la secrétaire à la Sécurité intérieure - c’est elle qui avait promu Gregory Bovino -, que cette dernière relaye abondamment sur ses réseaux sociaux à grand renfort de vidéos sensationnalistes. De son côté, The Atlantic a assuré que la Maison-Blanche réfléchirait à mettre sur la touche la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem et son conseiller Corey Lewandowski, ce qui marquerait une désescalade inédite.

À un an des midterms, le sujet est brûlant. Car l’indignation se traduit à présent dans l’opinion et pourrait coûter sa majorité à Donald Trump. Trois semaines après les premiers cortèges de manifestants, les sondages montrent une désapprobation grandissante de la politique migratoire du président américain en général et de sa police de l’immigration en particulier. Les sondages plus récents montrent effectivement que le soutien à l’agence fédérale s’érode même chez l’électorat républicain.

Motion de destitution

Les démocrates, eux, sont de plus en plus nombreux à demander le départ de Kristi Noem, rapporte notamment Politico . Une motion de destitution la visant déposée le 8 janvier par la représentante de l’Illinois Robin Kelly a récolté 146 signataires, a-t-elle déclaré sur son compte X ce mardi. «La secrétaire Noem a du sang sur les mains. Sous sa direction, Alex Pretti et Renée Good ont été assassinés. Destituez Noem. Expulsez l’ICE de nos villes», fustige-t-elle.


Sur X, toujours, le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer a déclaré que «Noem»«menteuse, incompétente, vicieuse», doit «être licenciée»«Kristi Noem a lamentablement échoué à la tête du Département de la Sécurité intérieure ces douze derniers mois, et les abus de pouvoir constatés au sein de l’ICE en sont la preuve la plus récente : elle a perdu tout contrôle sur son propre département et son personnel. Soit elle est incapable de maîtriser l’agence sous sa tutelle, soit elle cautionne les violations flagrantes de la Constitution qui y sont commises»a fustigé dimanche la sénatrice du Nevada Jacky Rosen. Lundi, la sénatrice Élizabeth Warren a, elle, demandé la démission de la secrétaire à la Sécurité intérieure. Mais avec des Républicains majoritaires à la Chambre, la probabilité que Kristi Noem chute par la voie parlementaire est infime.

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