Agence France-Presse
Donald Trump a menacé samedi d'envoyer la police de l'immigration (ICE) pour assurer les contrôles de sécurité dans les aéroports américains, où l'attente peut durer des heures par manque d'agents spécialisés, qui ne sont pas payés du fait d'une paralysie budgétaire partielle.
Si les démocrates d'extrême gauche ne signent pas immédiatement un accord pour que notre pays, en particulier nos aéroports, soit de nouveau libre et sûr, je vais déployer nos brillants et patriotes agents de l'ICE dans les aéroports, où ils s'occuperont de la sécurité comme jamais vu auparavant, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Quelques heures plus tard, s'exprimant sur le même média, il a dit avoir hâte de faire arriver [les agents de] l'ICE lundi. Nous leur avons déjà dit : "TENEZ-VOUS PRÊTS!"
Si les démocrates ne permettent pas une juste et convenable sécurité dans nos aéroports et partout à travers le pays, l'ICE fera le travail bien mieux qu'il ne l'a jamais été fait auparavant, a-t-il poursuivi.
Paralysie partielle de l'État
Depuis le 14 février, le financement du département de la Sécurité intérieure (DHS) – chargé notamment des contrôles de sécurité dans les aéroports – est gelé en raison du profond différend entre démocrates et républicains au Congrès sur les pratiques de la police de l'immigration.
En raison de cette paralysie partielle, des milliers de fonctionnaires fédéraux du DHS ont été mis au chômage technique, tandis que des milliers d'autres, aux fonctions considérées comme étant essentielles, continuent de travailler.
Dans les deux cas, les salaires ne seront pas versés jusqu'à ce que les parlementaires s'entendent sur un budget pour le DHS, dont dépend l'ICE.
Les quelque 50 000 fonctionnaires de l'Agence de sécurité des transports (TSA), chargés des contrôles dans les aéroports, ne sont plus payés depuis le 13 mars.
Du fait de cette situation, l'absentéisme s'est accru dans leurs rangs – certains pour travailler ailleurs en attendant que les parlementaires s'entendent –, tandis que d'autres ont démissionné.
Résultat : les files d'attente aux contrôles de sécurité se sont allongées et il n'est pas rare de devoir désormais attendre plusieurs heures dans des aéroports américains pour franchir cette étape et atteindre la salle d'embarquement.
La police de l'immigration continue quant à elle d'opérer pendant la durée du blocage en raison de fonds déjà approuvés l'an dernier par le Congrès.
Musk veut payer
La TSA avait elle-même averti qu'une paralysie prolongée pourrait provoquer des pénuries de personnel avec des conséquences notables aux aéroports, notamment des retards, des attentees plus longues et des annulations de vols.
Le multimilliardaire Elon Musk a offert samedi sur X de payer les salaires de ces agents de la TSA. Selon diverses estimations, le salaire annuel moyen de ces agents est de 50 000 à 60 000 dollars, soit entre 2,5 et 3 milliards de dollars de budget pour une année entière.
Donald Trump a également prévenu samedi que si les agents de l'ICE étaient effectivement déployés aux postes de contrôle des aéroports, ils procéderaient à l'arrestation immédiate de tout immigrant entré illégalement dans notre pays, avec une attention toute particulière sur ceux venus de Somalie.
Les démocrates justifient leur blocage budgétaire par les agissements de l'ICE, auxquels ils veulent imposer de fortes restrictions.
Leur opposition aux pratiques de cette agence n'a fait que s'amplifier après la mort à quelques semaines d'intervalle, en janvier, de Renee Good et d'Alex Pretti, deux Américains tués par balles par des agents fédéraux à Minneapolis. Leur mort avait provoqué d'imposantes manifestations à travers le pays.
L'administration Trump s'est saisie fin 2025 d'une vaste affaire de fraude aux aides publiques qui avait éclaboussé la communauté somalienne du Minnesota pour s'en prendre à elle et pour multiplier les opérations de l'ICE à Minneapolis.