Cour Pénale Internationale

CPI : Paris exprime sa «consternation» après les sanctions américaines contre des magistrats, dont un Français

Auteur: Le Figaro avec AFP Source: Le Figaro
Août 20, 2025 at 15:06
Le secrétaire d'Etat Marco Rubio, le 11 juillet 2025. Les Etats-Unis critiquent la CPI, qu'ils accusent de politisation et de partialité. (AFP)
Le secrétaire d'Etat Marco Rubio, le 11 juillet 2025. Les Etats-Unis critiquent la CPI, qu'ils accusent de politisation et de partialité. (AFP)

La CPI a dénoncé une «attaque flagrante» contre son indépendance. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a quant à lui salué une «action décisive contre la campagne de diffamation et de mensonges visant Israël».


Les États-Unis ont annoncé ce mercredi 20 août prendre de nouvelles sanctions visant deux juges français et canadien, ainsi que deux procureurs, de la Cour pénale internationale (CPI), devenue la bête noire de l’administration Trump. Une décision dénoncée par la CPI et la France, mais approuvée par le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.

«Aujourd’hui, je désigne Kimberly Prost du Canada, Nicolas Guillou de France, Nazhat Shameem Khan des Fidji et Mame Mandiaye Niang du Sénégal», pour avoir «directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des États-Unis ou d’Israël, sans le consentement de l’un ou l’autre de ces pays», a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio dans un communiqué.

Les mesures annoncées consistent en une interdiction d’entrée sur le sol américain et le gel des avoirs éventuels détenus aux États-Unis et toute transaction financière avec eux. La Cour pénale internationale (CPI) a estimé que ces sanctions représentent une «attaque flagrante» contre l’indépendance de l’institution. «Ces sanctions sont une attaque flagrante contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale», a déclaré la Cour dans un communiqué.

Un magistrat français concerné, Paris consterné

La France a exprimé ce mercredi sa «consternation» après cette décision des États-Unis, alors qu’un juge français, Nicolas Guillou, fait partie des magistrats concernés, selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangères.

La France «exprime sa solidarité à l’égard des magistrats visés par cette décision» et estime que les sanctions américaines sont «contraires au principe d’indépendance de la justice», a souligné un porte-parole du ministère, alors que les États-Unis les justifient par «une politisation» de la CPI.

 

Une opposition renforcée des États-Unis contre la CPI

Les États-Unis «ont clairement et fermement exprimé leur opposition à la politisation de la CPI», a-t-il ajouté, en soulignant que l’institution basée à La Haye représentait «une menace pour la sécurité nationale et a été utilisée comme un instrument de guerre juridique contre les États-Unis et leur proche allié Israël».

Les États-Unis s’offusquent en particulier des procédures ayant visé des soldats américains en Afghanistan, suspectés de crimes de guerre présumés ou encore les mandats d’arrêt de la CPI contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans la guerre à Gaza.

 

Une décision saluée par Israël

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a de son côté salué ce mercredi les sanctions américaines. «Je félicite Marco Rubio, le secrétaire d’État des États-Unis, qui a décidé d’imposer des sanctions contre les juges de la Cour pénale internationale à La Haye», déclare le premier ministre dans un communiqué publié par son bureau.

«C’est une action décisive contre la campagne de diffamation et de mensonges visant l’État d’Israël (et son armée) en faveur de la vérité et de la justice», ajoute Benyamin Netanyahou, lui-même visé depuis novembre 2024 par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza.

Cette annonce vient s’ajouter aux sanctions annoncées début juin qui avaient visé quatre autres magistrates de la CPI. Et en février, les États-Unis ont sanctionné le procureur de la CPI Karim Khan.

Mot clé
Vous n'avez pas utilisé le site Web, Cliquer ici pour maintenir votre état de connexion. Temps d'attente: 60 Secondes