Créée en 1998 par le Statut de Rome, la CPI est visée par de plus en plus d’attaques, rapporte le journal allemand “Süddeutsche Zeitung”. À La Haye, l’inquiétude règne, et l’institution internationale redouble de précautions pour assurer la sécurité des magistrats.
C’est au son d’un léger bip signalant l’ouverture de la porte à tambour que nous pénétrons dans ce monde très fermé. La porte en question est en verre blindé, comme de bien entendu. Un sas s’ouvre et l’homme, qui lève une main façon Spock [dans Star Trek] pour en présenter la paume à un scanner de couleur noire, le traverse. Bienvenue à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.
Les pièces qui se trouvent derrière ce sas sont ultrasécurisées. Les personnes qui s’y réunissent caressent un rêve pour le moins ambitieux. Rendre l’humanité meilleure et juger les crimes les plus monstrueux. Le but : un monde sans crimes de guerre, sans crimes contre l’humanité, sans génocides, sans guerres de conquête.
L’idée est d’obliger les malfaiteurs les plus puissants du globe à rendre des comptes, de les dissuader de sévir par le truchement d’une justice opérante, comme on le ferait de simples pickpockets – en compilant à La Haye les éléments permettant de constituer les plaintes et les mandats d’arrêt, qu’il s’agisse de vidéos tremblotantes filmées dans la bande de Gaza, de prises de vues satellitaires de l’Ukraine ou d’échanges téléphoniques du Kremlin interceptés par des services de renseignements.
“Menace existentielle”
La Cour pénale internationale a vu le jour voilà une bonne vingtaine ...() Cet article est réservé aux abonnés.